ElectroTech · 20 September 2026RISC-V 2026 : la bascule des microcontrôleurs makers, entre maturité industrielle et promesses à vérifier
Il y a cinq ans, choisir un microcontrôleur pour un projet maker relevait d’une évidence : STM32, ESP32 ou RP2040, tous sous architecture ARM. En 2026, l’équation s’est complexifiée — et c’est une excellente nouvelle. Avec plus de 4 600 membres au sein de la fondation RISC-V International et le cap des 25 milliards de cœurs expédiés cumulés franchi en janvier 2026, l’architecture ouverte s’est imposée comme une infrastructure à part entière. Entre les CH32 de WCH vendus à prix cassé, les GD32 de GigaDevice, les BL60x de Bouffalo Lab et les nouvelles générations d’ESP32 d’Espressif, l’open source a conquis les cœurs. Mais la route vers la démocratisation est pavée de nuances : écosystèmes encore jeunes, outils de debug perfectibles, compatibilité Arduino inégale. Panorama d’une bascule qui n’a rien d’une révolution, mais tout d’une maturation.
Introduction : le vent tourne dans l’embarqué
Il y a encore quelques années, la question ne se posait même pas. Pour tout projet de prototypage ou de production à petite échelle, le choix du microcontrôleur se résumait à une poignée de références ARM : les STM32 de STMicroelectronics, les ESP32 d’Espressif, le RP2040 de la Fondation Raspberry Pi. L’architecture RISC-V, née en 2010 à l’université de Californie à Berkeley, était une curiosité de laboratoire, réservée aux passionnés d’architecture et aux chercheurs.
En 2026, le paysage a changé en profondeur. La fondation RISC-V International revendique désormais plus de 4 600 membres, et le cap des 25 milliards de cœurs expédiés cumulés a été franchi en janvier 2026. Les microcontrôleurs RISC-V sont sortis des cartons et des démonstrations techniques pour s’installer dans les ateliers, les chaînes de production et les tutoriels en ligne. Le déclencheur ? Une conjonction de facteurs qui ont transformé une alternative technique en véritable option stratégique. La pénurie mondiale de semi-conducteurs de 2021-2022 a poussé les industriels à diversifier leurs sources d’approvisionnement. L’échec du rachat d’ARM par NVIDIA en 2022 a rappelé au monde que l’architecture dominante de l’embarqué appartenait à une entreprise dont les intérêts ne coïncident pas toujours avec ceux de ses licenciés. Et la montée en maturité des chaînes d’outils open-source comme GCC et LLVM a levé le dernier verrou : celui du logiciel.
Le projet RISE (RISC-V Software Ecosystem), lancé par la Linux Foundation Europe, illustre cette dynamique. Google, Intel, Nvidia, Qualcomm, Samsung, Red Hat, MediaTek et une demi-douzaine d’autres acteurs majeurs se sont alliés pour structurer l’écosystème logiciel autour de l’ISA ouverte. L’objectif est clair : faire de RISC-V une plateforme de premier plan, pas un simple plan B. Et les résultats commencent à se voir sur le terrain, notamment sur le segment des microcontrôleurs grand public.
Les catalyseurs d’une bascule : quand l’histoire s’en mêle
La pénurie, accélérateur de diversification
La crise des semi-conducteurs de 2021-2022 a agi comme un révélateur. Les délais de livraison des STM32 sont passés de quelques semaines à plusieurs mois, voire plus d’un an pour certaines références. Les makers et les industriels ont découvert la fragilité d’une chaîne d’approvisionnement concentrée sur quelques fondeurs et architectures. Dans ce contexte, RISC-V est apparu comme une bouffée d’air : une ISA ouverte, sans redevance, pouvant être implémentée par n’importe quel fabricant disposant des compétences en conception de puces. La diversification n’était plus un luxe, mais une nécessité opérationnelle.
Le feuilleton ARM/Qualcomm, ou la dépendance en question
Le conflit entre ARM et Qualcomm a ajouté une dimension politique à cette équation technique. En 2021, Qualcomm rachète Nuvia, une startup fondée par d’anciens ingénieurs d’Apple, pour concevoir ses propres cœurs hautes performances. ARM, qui voit d’un mauvais œil cette remise en cause de son modèle de licence, révoque les droits d’utilisation de Nuvia en février 2023 et menace de résilier la licence d’architecture de Qualcomm. Le procès, prévu pour décembre 2023, a jeté une ombre sur l’ensemble de la gamme Snapdragon.
Cet épisode a envoyé un signal clair à toute l’industrie : dépendre d’ARM, c’est accepter un risque juridique et stratégique. Les fabricants de puces ont pris note. La création d’une co-entreprise RISC-V par Qualcomm, Bosch, Infineon, NXP et Nordic Semiconductor, enregistrée en Allemagne, en est la traduction la plus spectaculaire. L’objectif affiché : réduire la dépendance à ARM, avec un focus initial sur l’automobile, puis l’IoT et le mobile. Cinq géants qui s’allient autour d’une architecture ouverte, c’est un signal fort envoyé au marché.
Le projet RISE et la maturité des outils
Parallèlement, le projet RISE a commencé à porter ses fruits. L’alliance, qui regroupe des acteurs aussi divers que Google, Intel, Imagination Technologies, MediaTek, Nvidia, Qualcomm, Red Hat, Samsung, SiFive et Ventana Micro Systems, vise à coordonner les efforts sur les compilateurs, les débogueurs, les bibliothèques et les systèmes d’exploitation. L’objectif est de faire en sorte qu’un développeur puisse compiler, flasher et déboguer un programme sur RISC-V avec la même facilité que sur ARM.
Les chaînes d’outils open-source ont fait des progrès considérables. GCC et LLVM supportent RISC-V de manière mature depuis plusieurs années, et les environnements de développement intégrés comme PlatformIO ou VS Code s’en sont emparés. Le résultat : il est désormais possible de développer pour un MCU RISC-V sans outil propriétaire, avec des compilateurs standard et des débogueurs comme OpenOCD. C’est ce qui manquait cruellement aux premières générations de puces RISC-V, et c’est ce qui a changé la donne.
Les fers de lance : WCH, GigaDevice, Bouffalo Lab, et les nouveaux venus
WCH : le disrupteur venu de Chine
WCH (Nanjing Qinheng Microelectronics) est sans doute l’acteur qui a le plus bousculé le marché maker. Sa gamme CH32, déclinée en plusieurs séries, couvre un spectre allant de l’entrée de gamme absolue aux MCU connectés. Le CH32V003, par exemple, est devenu une référence pour les projets à très petit budget : un microcontrôleur RISC-V 32 bits complet, avec quelques dizaines de kilo-octets de flash et de RAM, vendu à un prix unitaire qui défie toute concurrence — de l’ordre de 0,10 dollar en volume. À ce tarif, il n’est pas seulement moins cher que les STM32 d’entrée de gamme, il est moins cher que presque tout ce qui existe sur le marché.
Mais WCH ne s’arrête pas là. La gamme CH32V203 propose des fréquences d’horloge plus élevées, des périphériques plus riches (CAN, USB, plusieurs UART, SPI, I2C) et des capacités de calcul supérieures. Le CH32X035 intègre un contrôleur USB-PD, ce qui en fait un choix naturel pour les chargeurs intelligents et les applications d’alimentation. Le CH32V208, quant à lui, embarque un contrôleur Bluetooth, ouvrant la voie à des applications IoT sans module externe. Cette stratégie de gamme complète, à des prix défiant toute concurrence, a fait de WCH un acteur incontournable du paysage RISC-V maker.
GigaDevice : le poids lourd qui monte
GigaDevice, déjà bien implanté sur le marché des mémoires flash et des MCU ARM, a pris le virage RISC-V avec sérieux. Sa gamme GD32V, dont le GD32VF103 est le fer de lance, propose des performances comparables aux STM32F103 tout en adoptant l’ISA ouverte. Le kit d’évaluation du GD32VF103 est proposé à environ 105 dollars, un positionnement qui vise clairement les ingénieurs et les laboratoires plutôt que les makers débutants.
L’avantage de GigaDevice réside dans son expérience industrielle. La société maîtrise les processus de fabrication, les tests et la qualification, ce qui se traduit par des puces fiables et documentées. Les GD32V sont disponibles en boîtiers classiques (LQFP, QFN, TSSOP) et bénéficient d’une compatibilité pin-à-pin avec certaines références STM32, ce qui facilite la migration. C’est un argument de poids pour les industriels qui veulent tester RISC-V sans repenser leurs cartes électroniques.
Bouffalo Lab : la promesse de la connectivité
Bouffalo Lab, plus récent sur le marché, a fait le pari de la connectivité sans fil. Ses puces BL602, BL616 et BL618 combinent un cœur RISC-V avec des radios Wi-Fi et Bluetooth. Le BL808, présenté par Elektormagazine, va plus loin en intégrant plusieurs cœurs et des capacités multimédia. L’ambition est claire : concurrencer les ESP32 d’Espressif sur leur propre terrain, celui de l’IoT connecté.
Les BL60x se distinguent par leur consommation énergétique maîtrisée et leur support du Wi-Fi 6 et du Bluetooth LE 5.4 sur les dernières générations. Pour les applications de capteurs sans fil, de domotique ou de wearables, ces puces offrent une alternative crédible aux solutions ARM, avec l’avantage d’une architecture ouverte et d’une plus grande liberté de personnalisation.
Espressif : le géant de l’IoT embrasse RISC-V
Espressif, longtemps associé aux cœurs Xtensa de Tensilica, a opéré un virage stratégique majeur. L’ESP32-C3, premier MCU RISC-V de la société, a ouvert la voie dès 2021. En 2026, la gamme s’est considérablement étoffée avec l’ESP32-S31 et surtout l’ESP32-P4, qui incarne la nouvelle génération de puces haute performance destinées aux applications d’intelligence artificielle embarquée, de vision industrielle et d’interfaces homme-machine avancées. L’ESP32-P4, avec ses cœurs RISC-V double issue et ses capacités d’accélération matérielle, vise clairement le haut du spectre des MCU, là où les STM32H7 et autres i.MX RT d’NXP règnent. Espressif a su capitaliser sur son écosystème Arduino et PlatformIO mature pour offrir une transition en douceur aux développeurs.
Le cas ASYGN ColibryNPU : l’IA embarquée en RISC-V
L’actualité récente montre que RISC-V n’est pas seulement une alternative économique, c’est aussi un terrain d’innovation. La société ASYGN a lancé en juillet 2026 son ColibryNPU, un microcontrôleur RISC-V qui se positionne comme le champion de l’efficacité énergétique pour l’IA embarquée. Ce composant intègre une unité de traitement neuronal (NPU) capable d’exécuter des inférences de réseaux de neurones avec une consommation minimale, ce qui le destine aux applications de TinyML sur batterie : capteurs intelligents, wearables, surveillance industrielle. Le ColibryNPU illustre la diversité des approches RISC-V : là où WCH mise sur le prix, GigaDevice sur la compatibilité, Bouffalo sur la connectivité, ASYGN mise sur l’IA de pointe.
| Acteur | Gamme représentative | Architecture | Points forts | Écosystème |
|---|---|---|---|---|
| WCH | CH32V003, CH32V203, CH32X035, CH32V208 | RISC-V 32 bits (RV32EC, RV32IMAC) | Prix très agressifs, gamme étendue, USB-PD intégré, Bluetooth sur certains modèles | MounRiver Studio, support Arduino communautaire, OpenOCD |
| GigaDevice | GD32VF103 | RISC-V 32 bits (RV32IMAC) | Compatibilité pin-à-pin avec STM32, fiabilité industrielle, documentation solide | SDK propriétaire, support Zephyr, kit d’évaluation à ~105 $ |
| Bouffalo Lab | BL602, BL616, BL618, BL808 | RISC-V 32 bits + radio Wi-Fi/BT | Connectivité intégrée, Wi-Fi 6, Bluetooth LE 5.4, faible consommation | SDK open-source, support Arduino en cours, PlatformIO |
| Espressif | ESP32-C3, ESP32-S31, ESP32-P4 | RISC-V 32 bits (RV32IMAC) | Écosystème mature, double cœur, accélération IA, Wi-Fi/BT intégrés | Arduino, PlatformIO, ESP-IDF, support officiel |
| ASYGN | ColibryNPU | RISC-V + NPU | IA embarquée ultra-efficace, consommation minimale | SDK propriétaire, exemples TinyML |
Performances et périphériques : que valent vraiment ces puces ?
CoreMark et consommation : des chiffres à relativiser
Les benchmarks CoreMark sont souvent mis en avant pour comparer les architectures. Mais il faut les prendre avec précaution : un score CoreMark/MHz élevé ne garantit pas de bonnes performances en conditions réelles, notamment pour les applications d’I/O ou de traitement de signal. Les cœurs RISC-V des MCU grand public, comme ceux de WCH ou GigaDevice, affichent des scores comparables à ceux des Cortex-M3/M4 d’ARM à fréquence égale. C’est logique : ils implémentent des jeux d’instructions similaires (RV32IMAC pour la plupart), avec des pipelines classiques.

La consommation est un autre critère clé. Les MCU RISC-V d’entrée de gamme consomment généralement quelques centaines de µA/MHz en mode actif, ce qui les place dans la même gamme que les STM32. En veille, les chiffres varient davantage : certains CH32V003 descendent à quelques µA, ce qui les rend adaptés aux applications sur batterie. Mais attention : les données de consommation dépendent fortement de la tension d’alimentation, de la température et des périphériques actifs. Il est difficile de donner des chiffres précis sans tests normalisés, et les fabricants communiquent rarement des valeurs comparables.
Périphériques : le vrai différenciateur
Là où les MCU RISC-V se distinguent, c’est dans la richesse de leurs périphériques. WCH a fait un travail remarquable en intégrant des contrôleurs USB, CAN, Ethernet et même USB-PD sur des puces à très bas prix. Le CH32X035, avec son contrôleur USB-PD intégré, est un exemple frappant : il permet de réaliser des chargeurs intelligents ou des alimentations programmables avec un seul composant, là où il fallait auparavant un MCU ARM et un contrôleur PD séparé.
GigaDevice, de son côté, propose des périphériques classiques mais bien implémentés : ADC 12 bits, timers avancés, interfaces de communication multiples. La compatibilité pin-à-pin avec les STM32 est un avantage considérable pour la migration : on remplace la puce, on garde le circuit imprimé, et on adapte le firmware.
Bouffalo Lab mise sur l’intégration radio. Ses puces combinent un cœur RISC-V avec une radio Wi-Fi et Bluetooth, ce qui réduit la complexité des cartes et la consommation globale. Pour les applications IoT, c’est un argument décisif : un seul composant pour le calcul et la connectivité, avec des stacks protocolaires fournis par le fabricant.
Espressif, fort de son expérience avec l’ESP32, propose des périphériques riches et bien documentés : ADC SAR, DAC, capteurs tactiles capacitifs, interfaces I2S pour l’audio, CAN, Ethernet MAC sur certains modèles. L’ESP32-P4 ajoute des capacités d’accélération matérielle pour l’IA (vecteurs, matrices) et des interfaces haute vitesse comme MIPI-CSI pour les caméras.
Le cas ASYGN ColibryNPU : l’IA embarquée en RISC-V
Le ColibryNPU d’ASYGN, lancé en juillet 2026, mérite une attention particulière. Ce microcontrôleur RISC-V intègre une NPU capable d’exécuter des inférences de réseaux de neurones avec une efficacité énergétique remarquable. Selon les données publiées par ASYGN, le ColibryNPU atteindrait des performances de l’ordre de plusieurs TOPS/W, ce qui le placerait parmi les meilleurs de sa catégorie pour les applications TinyML. Les cas d’usage visés incluent la détection de mots-clés, la classification de vibrations, la reconnaissance de gestes et la surveillance prédictive. Ce positionnement montre que RISC-V n’est pas seulement une alternative économique, mais aussi un vecteur d’innovation architecturale.
L’écosystème logiciel : le nerf de la guerre
Arduino, PlatformIO, Zephyr : la compatibilité progresse
La compatibilité Arduino reste un critère décisif pour les makers. WCH bénéficie d’un support communautaire actif, avec des cœurs Arduino disponibles sur GitHub et une intégration dans PlatformIO. Bouffalo Lab progresse également, mais l’écosystème est moins mûr. GigaDevice s’appuie davantage sur Zephyr RTOS, qui offre un support officiel pour ses GD32V. Espressif, de son côté, propose un support Arduino officiel et une intégration PlatformIO de premier ordre, ce qui facilite la transition depuis les ESP32 classiques.
Les outils de debug : le point noir persistant
Le debug reste le talon d’Achille de l’écosystème RISC-V maker. Si OpenOCD supporte les cibles RISC-V, la qualité de l’expérience varie considérablement selon les fabricants. WCH propose son propre débogueur WCH-Link, qui fonctionne correctement mais reste basique. GigaDevice s’appuie sur des adaptateurs JTAG/SWD classiques, avec des résultats corrects. Bouffalo Lab fournit un outil propriétaire, ce qui peut rebuter les développeurs habitués aux standards ouverts. Espressif, avec son ESP-PROG et l’intégration dans ESP-IDF, offre une expérience plus aboutie, mais encore perfectible par rapport à ce que propose STMicroelectronics avec ST-Link et son écosystème CubeIDE.
Les RTOS et systèmes d’exploitation
Zephyr RTOS supporte de nombreuses cibles RISC-V, ce qui en fait un choix naturel pour les projets professionnels. FreeRTOS, porté sur la plupart des MCU RISC-V, reste une option simple et éprouvée. Pour les applications plus lourdes, Linux est disponible sur les SoC RISC-V haut de gamme, mais ce n’est pas le sujet des MCU makers. La maturité des RTOS est un point positif : elle permet de développer des applications complexes sans réinventer la roue.
Benchmarks et performances : ce que les chiffres (ne) disent pas
Les benchmarks CoreMark, souvent cités, doivent être interprétés avec prudence. Un score CoreMark/MHz élevé ne reflète pas nécessairement les performances réelles en conditions d’utilisation, notamment pour les applications d’I/O ou de traitement de signal. Les cœurs RISC-V des MCU grand public affichent des scores comparables à ceux des Cortex-M3/M4 d’ARM à fréquence égale, ce qui est logique : ils implémentent des jeux d’instructions similaires avec des pipelines classiques.

La consommation est un autre critère clé. Les MCU RISC-V d’entrée de gamme consomment généralement quelques centaines de µA/MHz en mode actif, ce qui les place dans la même gamme que les STM32. En veille, les chiffres varient davantage : certains CH32V003 descendent à quelques µA, ce qui les rend adaptés aux applications sur batterie. Mais attention : les données de consommation dépendent fortement de la tension d’alimentation, de la température et des périphériques actifs. Il est difficile de donner des chiffres précis sans tests normalisés, et les fabricants communiquent rarement des valeurs comparables.
Perspectives : vers une maturité industrielle ?
Les défis à relever
Malgré les progrès, plusieurs défis restent à relever. La documentation, souvent en anglais et parfois incomplète, peut rebuter les débutants. Les outils de debug, comme mentionné, restent perfectibles. La compatibilité Arduino, bien que progressant, n’est pas encore au niveau de ce que propose Espressif pour ses ESP32. Enfin, la fragmentation des écosystèmes (SDK propriétaires, outils spécifiques) peut compliquer la migration d’un fabricant à l’autre.
Les signaux positifs
Le nombre de membres de RISC-V International (4 600+) et le volume de cœurs expédiés (25 milliards en janvier 2026) témoignent de la dynamique. Les investissements des grands acteurs (Qualcomm, Google, Nvidia, etc.) dans le projet RISE et dans des co-entreprises dédiées montrent que RISC-V est pris au sérieux au plus haut niveau. La diversité des offres — du CH32V003 à 0,10 $ au ColibryNPU spécialisé IA — prouve que l’architecture ouverte peut couvrir un large spectre de besoins.
Et ARM dans tout ça ?
ARM ne reste pas les bras croisés. Le STM32V8 de STMicroelectronics, premier MCU gravé en 18 nm FD-SOI, cadencé à 800 MHz et dépassant les 5 000 CoreMark, montre que l’architecture ARM continue d’innover sur le haut de gamme. Mais la pression concurrentielle de RISC-V pousse ARM à revoir ses modèles de licence et à accélérer ses innovations. La cohabitation des deux architectures est probablement le scénario le plus réaliste pour les années à venir : ARM sur le haut de gamme et les applications critiques, RISC-V sur l’entrée et le milieu de gamme, avec des zones de chevauchement de plus en plus larges.
Conclusion : une bascule pragmatique
En 2026, choisir un microcontrôleur RISC-V n’est plus un acte militant, c’est un choix rationnel. Les prix imbattables de WCH, la fiabilité industrielle de GigaDevice, la connectivité intégrée de Bouffalo Lab et l’écosystème mature d’Espressif offrent des alternatives crédibles aux solutions ARM. Les outils open-source ont atteint un niveau de maturité qui lève la plupart des freins techniques. Restent des défis : documentation, debug, fragmentation des écosystèmes. Mais la dynamique est claire : RISC-V est devenu une infrastructure, pas une expérience. Et pour les makers comme pour les industriels, c’est une excellente nouvelle.
Sources
- Clubic — C’est quoi RISC-V, la petite révolution que Qualcomm et Google veulent lancer sur Android
- Elektor Magazine — Lab Talk #28 : Explorer RISC-V
- Phonandroid — Huawei va-t-il utiliser RISC-V comme alternative à ARM ?
- Wikiot — RISC-V et ESP32-P4 : l’architecture libre qui révolutionne l’IoT en 2026
- N-3DS — RISC-V face à ARM et x86 : promesse ou réalité ?
- Frandroid — RISC-V : comment Donald Trump pourrait booster l’adoption de ce concurrent d’ARM
- A dev journey — La révolution RISC-V : comment le silicium open-source bouscule ARM
- Developpez.com — Les dirigeants d’Arm minimiseraient la menace RISC-V
- TechInsights — STM32V8 Bridges the MPU Gap With 18nm FD-SOI, PCM (via article mutualisé)
- Freep — ASYGN Revolutionizes Ultra-Low-Power Embedded AI with Its ColibryNPU (via article mutualisé)
Article recherché et rédigé automatiquement · Magazine Electrosens