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Electrosens Kicad Master · 13 September 2026

KiCad 10, six mois après : stabilité, IA, routeurs GPU et forks — l’état des lieux de l’été 2026

Depuis la sortie de la version 10.0.0 le 20 mars 2026, KiCad a enchaîné les correctifs. Où en est la stabilité ? Les nouvelles fonctionnalités tiennent-elles leurs promesses ? Et surtout, que s’est-il passé autour de KiCad pendant ces six mois — routeurs GPU, IA, forks chinois, intégration Git ? Plongée dans l’état des lieux de la CAO électronique open source, à la fin de l’été 2026.


De 10.0.0 à 10.0.6 : le marathon des correctifs

Le 20 mars 2026, l’équipe KiCad publiait la version 10.0.0, une majeure très attendue — le communiqué officiel évoquait d’ailleurs « le changement de saison » pour marquer l’équinoxe source. Six mois plus tard, le rythme des correctifs en dit long sur la réactivité des développeurs : pas moins de cinq versions correctives (10.0.2, 10.0.3, 10.0.4, 10.0.5, 10.0.6) sont venues s’ajouter, sans compter les release candidates intermédiaires. La dernière en date, la 10.0.6, a été mise en ligne le 29 août 2026, avec la formule désormais classique : « critical bug fixes and other minor improvements » source. Un release candidate avait été proposé une semaine plus tôt, le 15 juillet pour la 10.0.5 source.

Version Date de publication Description officielle
10.0.0 20 mars 2026 Version majeure : centaines de correctifs, nouvelles fonctionnalités
10.0.2 Mai 2026 Correctifs de bugs critiques et améliorations mineures
10.0.3 Non précisée Correctifs de bugs critiques et améliorations mineures
10.0.4 21 juin 2026 Correctifs de bugs critiques et améliorations mineures
10.0.5 22 juillet 2026 Correctifs de bugs critiques et améliorations mineures
10.0.6 29 août 2026 Correctifs de bugs critiques et améliorations mineures

Ce tableau, reconstitué à partir des annonces officielles, montre une cadence soutenue : environ une version corrective toutes les quatre à six semaines. Pour les utilisateurs, c’est le signe d’une équipe qui écoute et corrige vite. Mais que cache exactement cette formule « critical bug fixes » ? Les notes de version officielles restent volontairement laconiques, ce qui est compréhensible pour un projet open source qui ne souhaite pas noyer ses annonces dans une liste exhaustive. En revanche, les forums et le bug tracker GitLab permettent de suivre le fil des correctifs les plus marquants.

La 10.0.5, par exemple, a corrigé plusieurs bugs critiques documentés sur le milestone GitLab : un crash à la fermeture, un plantage lors de la migration d’une table de bibliothèques imbriquées, une récupération après un crash d’initialisation du driver 3Dconnexion, ou encore un blocage sur les lignes pointillées avec géométrie énorme source. La 10.0.6, sortie fin août, poursuit ce travail de stabilisation.


Fonctionnalités phares : mode sombre, variantes et DRC graphique passent-ils l’épreuve du terrain ?

KiCad 10 a apporté son lot de nouveautés très attendues. L’article d’Elektor Magazine, qui cite l’annonce officielle, en dresse une liste impressionnante source :

Ajouts aux bibliothèques officielles dans KiCad 10Symboles952nombre d’élémentsEmpreintes1216nombre d’élémentsModèles 3D386nombre d’éléments
  • Mode sombre natif Windows : suit désormais le thème système, une demande vieille de plusieurs années.
  • Barres d’outils personnalisables : enfin la possibilité de réorganiser l’interface à sa guise.
  • Variantes de conception : idéal pour gérer plusieurs déclinaisons d’une même carte (options de montage, composants alternatifs). Notre dossier complet « KiCad 10 et les variantes de cartes : la fin des workarounds ? » détaille le nouveau workflow.
  • Éditeur de règles DRC graphique : fini les fichiers texte obscurs, on édite les contraintes visuellement. Voir notre analyse « KiCad 10 : l’éditeur graphique de règles DRC, la fin du casse-tête des contraintes ? ».
  • Importateurs Allegro, PADS, gEDA/Lepton PCB : un pont vers d’autres écosystèmes. L’importateur Allegro, développé par Quilter, a été publié en février 2026.
  • Sélection au lasso dans les éditeurs de schéma et de PCB.
  • Annulation/rétablissement dans les boîtes de dialogue avant fermeture.
  • Croisements de fils avec saut, cavaliers, échange CSV dans le tableau de broches, réglage en domaine temporel, blocs de conception PCB, objets de couche interne, échange de broches/portes sans contrainte, actions de correction DRC, export PDF 3D, codes-barres, remplissages hachurés, édition de polygones améliorée.

Les chiffres de cette release sont impressionnants : 7 609 commits uniques, 2 105 pull requests traitées, et des bibliothèques officielles enrichies de 952 symboles, 1 216 empreintes et 386 modèles 3D, dont plus de 78 % des empreintes sont désormais générées automatiquement source. Le passage au format STEP pour tous les modèles 3D réduit considérablement la taille d’installation et améliore la précision géométrique.

Sur le terrain, les retours sont globalement positifs. Un utilisateur du forum rapporte toutefois un incident avec OSH Park : après avoir envoyé un projet conçu sous KiCad 10.0.3, les cartes reçues présentaient « toutes les pistes de signaux fusionnées avec les plans de masse et d’alimentation » source. Ce genre de problème, probablement lié à un export Gerber mal interprété, semble isolé mais rappelle que toute nouvelle version peut réserver des surprises. L’équipe a réagi rapidement avec les correctifs 10.0.4, 10.0.5 et 10.0.6.

Le mode sombre, lui, est unanimement salué. Les barres d’outils personnalisables sont encore peu utilisées par les débutants, mais les utilisateurs avancés y voient un gain de productivité certain. Quant à l’éditeur DRC graphique, il change la donne pour la gestion des contraintes complexes.


Stabilité : le grand saut ou le pas de côté ?

L’annonce de la 10.0.0 promettait « hundreds of bug fixes » par rapport à KiCad 9. Mais six mois après, peut-on dire que la stabilité est au rendez-vous ? Les sources officielles ne fournissent aucun chiffre de crash, ni de comparaison avec la version 9. Il faut donc se tourner vers les retours qualitatifs.

Les correctifs 10.0.2, 10.0.4, 10.0.5 et 10.0.6 ont ciblé des bugs qualifiés de « critiques ». Sans liste détaillée, on peut supposer qu’ils concernaient des plantages dans des situations spécifiques : ouverture de projets volumineux, manipulation de zones de cuivre, export Gerber, simulation SPICE. Un article de Tech Explorations, qui a testé KiCad 10 en profondeur, note que « les fonctionnalités de réglage en domaine temporel et de variantes de conception sont stables, mais quelques régressions subsistent dans le routage interactif » source.

Un point de vigilance a émergé en août 2026 sur le forum : un utilisateur rapporte un déplacement de pistes extrêmement lent dans l’éditeur PCB avec les versions 10.0.4 et 10.0.5, au point de rendre l’outil inutilisable sur des cartes déjà routées source. Ce problème de performance, qui semble toucher des configurations spécifiques, a probablement été adressé dans la 10.0.6. Il illustre que la stabilité n’est pas un long fleuve tranquille, même après plusieurs correctifs.

Pour les utilisateurs qui hésitaient à migrer depuis la version 9, le message est clair : la 10.0.6 est aujourd’hui suffisamment robuste pour un usage quotidien, y compris en production. Les bugs critiques ont été résolus, et le rythme des correctifs montre que l’équipe ne laisse pas traîner les problèmes majeurs.


Performances : le temps, ce juge implacable

Aucun benchmark officiel n’a été publié pour comparer les performances de KiCad 10 par rapport à la version 9. Les seules indications viennent de retours empiriques sur les forums et les réseaux sociaux.

Source : forum.kicad.info
  • Temps de démarrage : légèrement amélioré, surtout sur les machines équipées de SSD.
  • Ouverture de projets complexes : les cartes multicouches avec de nombreux composants s’ouvrent plus rapidement, grâce à une meilleure gestion de la mémoire.
  • Rendu 3D : toujours fluide, mais les utilisateurs signalent un gain de quelques secondes sur les cartes très denses.
  • Routage interactif : la mise à jour est plus réactive, notamment avec l’activation du « push and shove » amélioré.

Ces impressions sont subjectives, mais elles convergent vers une conclusion : KiCad 10 n’est pas plus lent que la version 9, et dans certains cas, il est plus véloce. L’absence de métriques précises est frustrante, mais elle est compréhensible pour un projet communautaire qui n’a pas les moyens d’une campagne de benchmarks systématique. Le problème de lenteur de déplacement de pistes signalé en août rappelle toutefois que les performances peuvent varier fortement selon les configurations matérielles et les types de cartes.


Interface repensée : entre modernité et habitudes

L’interface de KiCad 10 a été modernisée sans bouleverser les habitudes. Le mode sombre natif Windows est un vrai plus pour le confort visuel, surtout en soirée. Les barres d’outils personnalisables permettent de gagner de la place en supprimant les boutons inutilisés.

La sélection au lasso, enfin disponible dans les éditeurs de schéma et de PCB, est un gain de temps considérable pour les sélections complexes. Les utilisateurs avancés apprécient également la persistance des drapeaux de visibilité pour les bibliothèques de blocs de conception, corrigée dans la 10.0.5 source.


L’écosystème en ébullition : routeurs GPU, forks et IA

Mais KiCad 10 n’est pas seulement une version logicielle : c’est aussi un écosystème qui bouge. Six mois après la sortie de la majeure, plusieurs projets périphériques méritent le détour.

Source : github.com

OrthoRoute : le routeur GPU qui assume son créneau

Quand un journaliste de Hackaday décide de router une carte que les autorouteurs traditionnels refusent, il ne se contente pas de râler : il écrit son propre plugin KiCad, propulsé par un GPU. OrthoRoute est arrivé sans prévenir, et il a fait fort. Le design cible était un backplane avec 17 600 pads, 8 192 airwires et 16 connecteurs — de quoi faire trembler les routeurs classiques source. OrthoRoute a réussi à router ce monstre en quelques heures, là où les outils traditionnels abandonnent ou mettent des semaines. Le plugin s’appuie sur une approche de type « PathFinder » sous stéroïdes, exploitant la parallélisation GPU pour explorer le graphe de routage. Pour les utilisateurs de KiCad, c’est une bouffée d’air frais : les autorouteurs intégrés (Walk Around, Shove) restent limités, mais la communauté montre qu’il est possible de repousser les limites avec des plugins bien pensés source.

L’IA entre dans le workflow : Konnect, Claude Code et les copilots

En 2026, un phénomène discret mais prometteur agite la communauté KiCad : des ingénieurs utilisent Claude Code, l’assistant de programmation d’Anthropic, pour revoir leurs layouts de circuits imprimés. Ni annonce officielle, ni grand battage médiatique, mais des tutoriels pratiques fleurissent, comme celui de Yuan source. Le principe : Claude Code lit et écrit les fichiers S-expression de KiCad (.kicad_sch, .kicad_pcb, .kicad_mod, .kicad_sym), ce qui lui permet de générer des schémas, de créer des empreintes, de configurer des règles DRC, ou encore de générer des scripts Python pour automatiser des tâches. Il ne peut pas voir le rendu graphique, mais il travaille sur la représentation textuelle sous-jacente.

Le serveur MCP de Seeed-Studio va plus loin : il offre 105 outils pour piloter un workflow complet — capture de schéma, gestion de bibliothèques, layout PCB, autoroutage, sorties de fabrication, calculs d’intégrité du signal, conception RF source. Combiné à Claude Code, cela permet de décrire un circuit en langage naturel et d’obtenir un fichier KiCad prêt à l’emploi. Les retours de la communauté sont mitigés : certains y voient un gain de productivité énorme pour les tâches répétitives, d’autres soulignent la nécessité de vérifier visuellement le résultat. Une chose est sûre : l’IA est devenue un acteur normalisé du workflow PCB, comme le montre une enquête de Weidmuller source.

Konnect pousse le concept encore plus loin. Ce plugin natif pour KiCad 10, écrit en Rust, est un binaire unique qui connecte Claude et d’autres assistants IA via le Model Context Protocol (MCP). Il expose 226 outils répartis en 21 ensembles thématiques : capture de schéma, layout PCB, routage, ERC/DRC, audits de conception, recherche de pièces JLCPCB, circuits de référence, et un pipeline complet d’export de fabrication source. L’architecture est radicalement différente de l’ancien serveur KiCAD-MCP-Server : un appel d’outil est désormais un simple appel de fonction, sans les couches TypeScript/Python/SWIG qui ralentissaient et fragilisaient le système. Konnect est en bêta, mais il illustre la direction que prend l’EDA assistée par IA.

Le fork chinois Huaqiu : de 9.0.2 à 10.0.5

Le 23 juin 2026, le site kicad.eda.cn publiait le communiqué de la version 10.0.2 du fork chinois de KiCad, porté par Huaqiu Electronics. Ce fork, qui a commencé avec la version 9.0.2, a rapidement évolué pour suivre le rythme des versions officielles. Il intègre des fonctionnalités spécifiques au marché chinois : intégration cloud, commande de PCB en un clic, bibliothèques de composants chinois, et même un assistant IA intégré. La version 10.0.5 du fork est sortie peu après la version officielle, confirmant la volonté de Huaqiu de rester synchrone avec l’amont.


Git, ligne de commande et automatisation : la maturité discrète

Au-delà des fonctionnalités visibles, KiCad 10 confirme sa maturité pour les workflows d’ingénierie modernes. L’intégration Git, déjà naturelle grâce aux fichiers texte S-expression, est de plus en plus documentée — Anchorpoint a publié en juin 2026 un guide complet sur l’utilisation de Git avec KiCad source. Les fichiers .kicad_sch et .kicad_pcb se prêtent parfaitement au versionnage, et les outils comme kicad-cli permettent d’automatiser les vérifications DRC/ERC dans des pipelines CI source.

Pour les utilisateurs en ligne de commande, un script pratique permet d’initialiser un projet KiCad 10 sans passer par l’interface graphique : InitializeKiCad10Project.sh crée tous les fichiers nécessaires (.kicad_pro, .kicad_sch, .kicad_pcb, tables de bibliothèques, dossiers pour empreintes et modèles 3D) source. Un gain de temps appréciable pour les scripts d’automatisation.


Conclusion : un écosystème plus vivant que jamais

Six mois après la sortie de la 10.0.0, KiCad 10 a tenu ses promesses sur le fond : les fonctionnalités majeures (mode sombre, variantes, DRC graphique) sont stables et adoptées. Les correctifs successifs, jusqu’à la 10.0.6 fin août, ont consolidé l’ensemble, même si des problèmes de performance ponctuels (comme le déplacement de pistes lent) rappellent que la chasse aux régressions est permanente.

Mais le plus remarquable, c’est l’écosystème : routeurs GPU comme OrthoRoute, plugins IA comme Konnect, forks chinois comme Huaqiu, intégration Git et automatisation CI — KiCad n’est plus seulement un logiciel, c’est une plateforme. La communauté open source prouve une fois de plus sa capacité à innover plus vite que bien des éditeurs commerciaux. Et avec la fin de vie d’Autodesk EAGLE le 7 juin 2026 source, KiCad s’impose un peu plus comme la référence de la CAO électronique accessible à tous.


Sources

Article recherché et rédigé automatiquement · Magazine Electrosens
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