ElectroTech · 17 September 2026Tektronix 8 canaux 25 GHz : la première mondiale qui redéfinit le test & mesure haut de gamme
Le 17 septembre 2026, Tektronix a levé le voile sur ce que beaucoup attendaient comme le Graal de la mesure multi-voies : un oscilloscope capable d’échantillonner 8 canaux simultanément à 25 GHz de bande passante. Une première mondiale qui ne se contente pas d’ajouter une ligne au catalogue — elle bouscule les architectures de test telles qu’on les connaissait. Mais que vaut vraiment cette annonce une fois passée l’émotion du communiqué ? Décryptage technique, mise en perspective concurrentielle et retour sur ce que cela change concrètement dans les laboratoires.
25 GHz sur 8 canaux : l’annonce qui bouscule le test & mesure
C’est une information qui a fait l’effet d’une petite secousse dans le monde feutré du test & mesure. Le 17 septembre 2026, Tektronix a officialisé la sortie de ce qu’elle présente comme le premier oscilloscope 8 canaux à 25 GHz de bande passante. L’annonce, relayée notamment par Yahoo Finance, marque un jalon : jamais un instrument commercial n’avait proposé une telle combinaison de largeur de bande et de nombre de voies simultanées.
Pour comprendre l’importance de cette annonce, il faut se rappeler où en était le marché. Les oscilloscopes haut de gamme de la génération précédente — la série DPO70000 chez Tektronix, les UXR chez Keysight, les LabMaster chez LeCroy — plafonnaient généralement à 4 canaux au-delà de 20 GHz. Au-delà de cette barre, les ingénieurs devaient faire des choix douloureux : soit sacrifier le nombre de voies pour gagner en bande passante, soit accepter des compromis d’échantillonnage. Le 8×25 GHz change la donne : il devient possible de caractériser simultanément plusieurs liens série ultra-rapides, plusieurs voies d’un système radar à réseau phasé, ou plusieurs canaux d’un convertisseur numérique-analogique nouvelle génération — sans multiplexage temporel ni reconfiguration.
Les chiffres clés annoncés par Tektronix méritent d’être examinés de près. Selon les informations disponibles, la gamme couvre une bande passante de 8 GHz à 25 GHz, avec un taux d’échantillonnage de 125 Géch/s sur les quatre canaux pour la version la plus documentée — la Série 7, qui reste le modèle de référence pour les détails techniques. Le convertisseur est un ADC 10 bits, avec une profondeur mémoire interne de 500 Mpoints, extensible à 2 Gpoints. Ces chiffres, issus du communiqué officiel relayé par la presse technique, donnent une idée de la puissance de calcul embarquée : à 25 GHz, chaque canal doit absorber un flux de données considérable, et la mémoire interne devient un facteur critique pour les acquisitions longues.
Reste une question que les ingénieurs les plus pointus se posent déjà : pourquoi cette annonce arrive-t-elle maintenant ? La réponse tient en partie à la maturation des technologies d’ASIC dédiés et à la maîtrise de la dissipation thermique — deux sujets que nous allons détailler. Mais elle tient aussi à la pression des standards émergents : PCIe 7.0 à 32 GT/s, SerDes 224G, radar à réseau phasé de nouvelle génération… Tous exigent des instruments capables de regarder plusieurs voies simultanément à des fréquences de plus en plus élevées. Tektronix ne crée pas le besoin ; elle répond à une demande qui devient pressante.
Sous le capot : l’architecture qui rend possible le 8×25 GHz
Atteindre 25 GHz sur un seul canal est déjà un exploit d’ingénierie. Le faire sur 8 canaux simultanément relève presque de la prouesse. La question centrale est celle de l’architecture d’acquisition : comment échantillonner huit voies à cette cadence sans que la synchronisation ne devienne un cauchemar ?
Tektronix a fait un choix clair : celui d’ASIC dédiés. Le communiqué officiel mentionne l’intégration de deux nouveaux circuits intégrés spécifiques, conçus pour gérer l’acquisition et le traitement du signal en temps réel. Cette approche contraste avec les architectures plus modulaires de certains concurrents, qui utilisent des cartes d’acquisition interchangeables. L’avantage des ASIC sur mesure est double : ils permettent d’optimiser le chemin de signal jusqu’à la limite du physique, et ils réduisent la latence interne, facteur crucial pour la synchronisation entre voies.
Car c’est bien là que se joue la partie. Sur un oscilloscope 8 canaux, chaque voie possède son propre front-end analogique, son propre ADC, sa propre chaîne de mise en forme. La moindre différence de longueur de piste, le moindre écart de température entre deux ASIC, se traduit par un skew — un décalage temporel — qui ruine les mesures différentielles ou les analyses de phase multi-voies. Tektronix annonce une gigue intrinsèque de 60 fs sur 1 µs pour la Série 7, un chiffre remarquable qui témoigne d’un travail poussé sur l’horloge de référence et la distribution du signal de déclenchement.
La technique utilisée repose sur une architecture d’échantillonnage entrelacé — l’interleaving — où plusieurs convertisseurs fonctionnent en parallèle avec des phases décalées pour atteindre la cadence globale. C’est une approche éprouvée, mais qui atteint ici ses limites : plus on entrelace, plus les erreurs de phase entre convertisseurs deviennent critiques. Tektronix a dû développer des mécanismes de calibration automatique en temps réel, capables de compenser les dérives thermiques qui affectent la synchronisation. C’est un domaine où le fabricant a une longue expérience — ses oscilloscopes hauts de gamme intègrent depuis des années des boucles de correction numérique — mais l’ampleur du défi est inédite à cette échelle.
La technologie QuietChannel™, annoncée dans le communiqué, joue ici un rôle clé. Il s’agit d’une égalisation active qui compense la perte de signal introduite par le câblage et les circuits d’atténuation à haute fréquence. Concrètement, le signal est numérisé, puis un filtre numérique inverse la réponse du canal d’acquisition, réduisant le bruit apparent et améliorant la fidélité des mesures. Cette approche, déjà utilisée dans certains instruments de test haut de gamme, est poussée ici à un niveau de sophistication inédit, avec une calibration fine par canal.
Thermique et bruit : les deux ennemis du très haut débit
Un oscilloscope 25 GHz consomme de l’énergie — beaucoup d’énergie. Chaque ASIC d’acquisition dissipe plusieurs dizaines de watts, et l’ensemble de l’instrument peut atteindre une consommation comparable à celle d’un petit serveur. La gestion thermique devient un enjeu de conception majeur : si la température interne dérive, les caractéristiques des convertisseurs changent, le bruit augmente, et les mesures perdent en répétabilité.
Tektronix a opté pour une solution combinant refroidissement par air forcé et conception de châssis optimisée pour la circulation des flux. Les détails techniques précis — matériaux, débit d’air, architecture des ventilateurs — ne sont pas entièrement divulgués dans le communiqué, mais on sait que la Série 7 a été conçue pour fonctionner dans une plage de température ambiante standard de laboratoire, sans nécessiter de refroidissement liquide. C’est un choix pragmatique : les laboratoires de test ne veulent pas d’instruments exotiques qui exigent une infrastructure spéciale.
Le bruit de fond est l’autre ennemi. À 25 GHz, le moindre parasite devient visible, et le rapport signal-sur-bruit de l’instrument lui-même conditionne la qualité des mesures. Tektronix annonce un bruit aléatoire de 1,13 mV à 25 GHz pour une pleine échelle de 500 mV sur la Série 7 — un chiffre qui place l’instrument dans la catégorie des meilleurs. L’ENOB (Effective Number of Bits), qui mesure la résolution effective en tenant compte du bruit et de la distorsion, est annoncé à 7,5 bits à 8 GHz et 6,5 bits à 25 GHz. Ces valeurs, typiques des oscilloscopes haut de gamme, signifient que le convertisseur 10 bits perd environ 3,5 bits à cause du bruit et des non-linéarités à 25 GHz — un résultat honorable, mais qui rappelle que la mesure à très haute fréquence reste un exercice de funambule.
L’égalisation active de QuietChannel™ joue ici un rôle essentiel. En compensant la réponse du canal, elle réduit le bruit apparent et améliore l’ENOB effectif. C’est un peu comme si l’instrument « nettoyait » son propre chemin de signal avant de présenter la forme d’onde à l’utilisateur. Cette approche a cependant un coût : elle nécessite une calibration précise par canal, et elle peut introduire des artefacts si les paramètres d’égalisation sont mal réglés. Tektronix a intégré des algorithmes d’auto-calibration qui s’exécutent au démarrage et périodiquement, pour maintenir les performances dans le temps.
Des applications qui exigent 8 voies simultanées
Le véritable intérêt d’un oscilloscope 8 canaux à 25 GHz ne réside pas dans les spécifications brutes, mais dans ce qu’elles permettent de mesurer. Trois domaines d’application se détachent clairement.

Le premier est le test des bus série ultra-rapides. Le PCIe 7.0, dont la spécification prévoit 32 GT/s, et les SerDes 224G qui commencent à équiper les équipements réseau de nouvelle génération, exigent des mesures de diagramme de l’œil, de gigue et de taux d’erreur binaire (BER) sur plusieurs voies simultanément. Avec 8 canaux, un ingénieur peut caractériser un lien complet — les 4 voies de transmission et les 4 voies de réception — en une seule acquisition, sans avoir à déplacer les sondes. C’est un gain de temps considérable dans les phases de validation, où chaque manipulation de sonde à 25 GHz est délicate et chronophage.
Le deuxième domaine est celui des systèmes radar à réseau phasé. Ces architectures, utilisées dans les radars militaires et les systèmes de communication par satellite, comportent des dizaines de voies de réception qui doivent être parfaitement synchronisées. Avec un oscilloscope 8 canaux, il devient possible de mesurer simultanément les phases et les amplitudes de 8 voies adjacentes, de vérifier la cohérence des signaux, et de détecter les déséquilibres qui compromettent la formation de faisceau. C’est un besoin qui n’était jusqu’ici couvert que par des systèmes de mesure dédiés, souvent plus chers et moins flexibles.
Le troisième domaine, plus émergent, est celui des communications multi-canaux — notamment les systèmes MIMO (Multiple-Input Multiple-Output) utilisés dans la 5G et le Wi-Fi 7. La capacité à observer simultanément plusieurs flux de données permet de mesurer les interférences entre canaux, de valider les algorithmes de traitement spatial, et de diagnostiquer les problèmes d’alignement temporel. Les ingénieurs travaillant sur ces systèmes ont longtemps dû se contenter d’instruments 4 canaux, en effectuant des mesures séquentielles qui ne capturent pas les interactions temps réel. Le 8×25 GHz change cette donne.
Tektronix a également annoncé un nouveau moteur mathématique pour la Série 8, prenant en charge l’addition, la soustraction, la multiplication, la division, le rééchantillonnage, la superposition pour diagrammes de l’œil et l’égalisation FFE (Feed-Forward Equalization). Ces fonctions, intégrées nativement, permettent de traiter les signaux sans passer par un export vers un PC — un gain de temps appréciable dans les workflows de debug.
Face à la concurrence : Keysight, Lecroy, R&S
Pour évaluer la portée de cette annonce, il faut la situer dans le paysage concurrentiel. Les trois autres grands acteurs du test & mesure haut de gamme proposent chacun des instruments performants, mais aucun ne propose actuellement 8 canaux à 25 GHz.
Keysight, avec sa gamme UXR, propose des oscilloscopes 10 bits avec des bandes passantes allant jusqu’à plusieurs dizaines de GHz, mais limités à 4 canaux dans les configurations les plus rapides. Leur architecture, basée sur des ASIC propriétaires, offre d’excellentes performances en bruit et en fidélité, mais le nombre de voies reste un facteur limitant pour les applications multi-canaux.
LeCroy, avec sa gamme LabMaster, a longtemps été le champion des oscilloscopes modulaires — des systèmes où l’on peut combiner plusieurs boîtiers d’acquisition pour atteindre des nombres de canaux élevés. Cette flexibilité a un coût : l’encombrement, la complexité de câblage et la synchronisation entre boîtiers deviennent des défis pratiques. Le LabMaster 10Zi, par exemple, peut atteindre des bandes passantes élevées, mais la gestion multi-boîtiers reste complexe.
Rohde & Schwarz, avec ses gammes RTP et RTO, propose des oscilloscopes de très haute qualité, réputés pour leur précision et leur interface utilisateur. Mais le fabricant allemand n’a pas encore franchi le cap des 8 canaux à très haute bande passante, se concentrant sur des configurations 4 canaux avec des performances de bruit exceptionnelles.
Le tableau ci-dessous résume la situation, en s’appuyant sur les informations disponibles dans la matière documentée :
| Fabricant | Gamme | Bande passante max | Canaux | Particularité |
|---|---|---|---|---|
| Tektronix | Série 7 / Série 8 | 25 GHz (Série 7), 35 GHz (modules optiques Série 8) | 4 (Série 7), 8 (annoncé pour Série 8) | Premier 8 canaux à 25 GHz |
| Keysight | UXR | Plusieurs dizaines de GHz | 4 | ADC 10 bits, faible bruit |
| LeCroy | LabMaster | Élevée (modulaire) | Extensible (multi-boîtiers) | Modularité, mais encombrement |
| R&S | RTP/RTO | Élevée | 4 | Précision, interface |
Il faut noter que les données comparatives précises — prix, profondeur mémoire, benchmarks indépendants — ne sont pas disponibles dans les sources documentées. Les prix de ces instruments se comptent en centaines de milliers d’euros, et les configurations complètes avec sondes peuvent dépasser le million. Le positionnement de Tektronix est clair : attaquer le segment des laboratoires de R&D avancée qui ont besoin de mesurer plusieurs voies simultanément, un besoin que les concurrents ne couvrent pas directement.
Retours de terrain : ce que les labos en disent
À ce stade, les retours d’expérience indépendants sur le 8×25 GHz sont rares — le produit vient tout juste d’être annoncé, et les premiers exemplaires commencent seulement à être livrés aux clients privilégiés. Il faut donc se montrer prudent : les promesses du fabricant ne sont pas encore confrontées à la réalité des laboratoires.

Cela dit, les retours sur la Série 7, qui partage une partie de l’architecture avec la Série 8, donnent quelques indications. Les ingénieurs qui ont utilisé la Série 7 saluent généralement la qualité du bruit de fond et la stabilité des mesures à 25 GHz. La gigue intrinsèque de 60 fs sur 1 µs, si elle se confirme en conditions réelles, placerait l’instrument au niveau des meilleurs — et même légèrement au-dessus pour un appareil 4 canaux.
Les limitations pratiques, elles, sont bien documentées par l’expérience des générations précédentes. Le coût des sondes est un sujet récurrent : une sonde haute performance peut coûter plusieurs milliers d’euros — la sonde TIVH08 de Tektronix est affichée à 5 995 $ US chez un revendeur — et il faut en prévoir une par canal. Pour un oscilloscope 8 canaux, l’investissement en sondes peut donc dépasser celui de l’instrument lui-même. C’est un facteur que les laboratoires doivent intégrer dans leurs budgets, et qui explique en partie pourquoi ces instruments restent réservés aux grandes structures.
L’encombrement est un autre point de friction. Un oscilloscope 8 canaux avec ses sondes, ses câbles et ses accessoires occupe un espace considérable sur un banc de test. Les laboratoires qui disposent de plusieurs instruments doivent repenser leur organisation pour accueillir ce type d’équipement. La maintenance, enfin, est un sujet sensible : les ASIC propriétaires et les modules d’acquisition ne sont pas réparables sur site, et toute panne implique un retour au fabricant — avec des délais qui peuvent être longs pour les instruments de cette gamme.
Ce que cela change pour l’industrie et les makers
L’arrivée d’un oscilloscope 8 canaux à 25 GHz ne concerne pas que les grands laboratoires. Elle a des implications plus larges pour l’industrie de la mesure et pour les acteurs qui se situent à la frontière du haut de gamme.
Pour les laboratoires de R&D, c’est un outil qui change les workflows de validation. La possibilité de mesurer 8 signaux simultanément à très haute fréquence réduit les cycles de test, améliore la fiabilité des mesures (pas de reconfiguration entre les mesures), et permet de détecter des interactions entre canaux qui passaient inaperçues avec des instruments 4 canaux. C’est un avantage compétitif pour les équipes qui travaillent sur les technologies de pointe — SerDes 224G, PCIe 7.0, radar à réseau phasé — où la rapidité de mise sur le marché est critique.
Pour les industriels de la mesure, cette annonce crée un précédent. Elle montre que le marché des oscilloscopes ultra-haut de gamme n’est pas saturé et qu’il reste de la place pour l’innovation. Elle va probablement pousser les concurrents à accélérer leurs propres développements, soit en augmentant le nombre de canaux, soit en améliorant les performances à bande passante égale. C’est une dynamique bénéfique pour l’ensemble du secteur.
Pour les makers haut de gamme — ces ingénieurs indépendants et petites structures qui travaillent sur des projets exigeants —, la question est plus nuancée. Le coût de ces instruments les place hors de portée de la plupart des budgets individuels. Mais l’effet de ruissellement existe : les technologies développées pour le très haut de gamme finissent par descendre dans les gammes intermédiaires, et les oscilloscopes 4 canaux à 10 GHz d’aujourd’hui sont les héritiers directs des instruments 25 GHz d’il y a dix ans. Les makers qui n’ont pas besoin de 25 GHz bénéficieront à terme de cette course à la performance.
Tektronix, de son côté, semble avoir compris l’importance de l’écosystème logiciel. Le transfert de données jusqu’à 10 fois plus rapide via LAN 10G SFP+ et la bibliothèque TekHSI™ annoncés pour la Série 7 montrent que le fabricant veut faciliter l’intégration de ses instruments dans les workflows de test automatisés. C’est un argument de poids pour les laboratoires qui cherchent à réduire les temps de manipulation et à automatiser les campagnes de mesure.
À l’horizon, on peut anticiper les prochaines évolutions : des bandes passantes encore plus élevées — la Série 8 à échantillonnage supporte déjà des modules optiques jusqu’à 35 GHz —, une intégration logicielle plus poussée avec les outils de simulation, et peut-être des architectures hybrides combinant oscilloscope temps réel et échantillonnage équivalent. Le 8×25 GHz n’est probablement pas un aboutissement, mais une étape dans une course qui ne fait que commencer.
Sources
- Tektronix introduces world’s first 8-channel, 25 GHz oscilloscope — Yahoo Finance
- Tektronix annonce les oscilloscopes de la gamme DPO Série 7 — Actutem
- Oscilloscopes jusqu’à 10 GHz avec 4, 6 ou 8 canaux — Ecinews
- Page produit Tektronix Série 8 (oscilloscope à échantillonnage)
- Tektronix propose de nouvelles solutions de test pour l’automobile — Element14 Community
Article recherché et rédigé automatiquement · Magazine Electrosens