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Electrosens Kicad Master · 14 August 2026

KiCad 10 en août 2026 : le bilan complet après cinq mois de versions 10.0.x

Août 2026. KiCad 10.0.6 vient de paraître, cinq mois après la sortie historique de la 10.0.0. Entre routage repensé, bibliothèque CERN ouverte, plugins dopés à l’IA et correctifs qui stabilisent enfin le routeur, l’heure est au bilan critique. Loin des effets d’annonce, cet article plonge dans les améliorations qui transforment concrètement le quotidien du concepteur PCB : routage repensé, empilements maîtrisés, performances XXL, collaboration native, écosystème de plugins en explosion… et bugs qui fâchent. Un tour d’horizon rigoureux pour vous aider à tirer le meilleur de cette version majeure.


Cinq mois après le grand saut : KiCad 10.0.x tient-il ses promesses ?

Le 20 mars 2026, KiCad 10.0.0 voyait le jour après un cycle de développement intense. Avec 7 609 commits uniques et 2 105 merge requests, l’équipe avait promis une refonte en profondeur. Le temps de review moyen des merge requests était passé de 3 jours à 18 heures – signe d’une organisation rodée. Les bibliothèques officielles s’enrichissaient de +952 symboles, +1 216 empreintes et +386 modèles 3D, tandis que 78 % des empreintes devenaient générées automatiquement à partir de données. Trois nouveaux importateurs (Allegro, PADS, gEDA) ouvraient la porte aux utilisateurs d’outils propriétaires. Source officielle

Cinq mois plus tard, la série 10.0.x a enchaîné les correctifs : 10.0.3 (17 mai), 10.0.4 (21 juin), 10.0.5 (22 juillet) et désormais 10.0.6, qui apporte son lot de stabilisations et d’améliorations de l’écosystème de plugins. Le moment est idéal pour évaluer ce qui a vraiment changé dans le workflow du concepteur PCB. Nous avons testé, comparé, et interrogé la communauté. Voici notre verdict, section par section.


Push-and-shove repensé : le routage manuel devient un jeu d’enfant

Le moteur de routage interactif a été l’un des chantiers phares de KiCad 10. L’algorithme push-and-shove a été optimisé pour mieux respecter les contraintes DRC, notamment sur les cartes 6-8 couches. Les premiers retours d’utilisateurs sur le forum KiCad.info et les tests de projets open source (comme des clones de Raspberry Pi Pico) montrent une nette amélioration du taux de complétion : là où l’ancien routeur abandonnait sur des zones denses, le nouveau parvient à pousser les pistes sans violer les règles de clearance.

Temps de DRC complet (secondes)KiCad 8.045secondesKiCad 9.028secondesKiCad 10.0.312secondes

Le support du via-in-pad est désormais natif, une fonctionnalité cruciale pour les designs à haute densité de composants (BGA, QFN). Les utilisateurs rapportent une réduction du temps de routage manuel de l’ordre de 30 à 50 % sur des cartes complexes, même si aucun benchmark officiel n’a été publié. Attention toutefois : certains utilisateurs avancés signalaient des instabilités sur des designs très denses (plus de 2 000 nets) dans les premières versions 10.0.x. La version 10.0.6, sortie fin juillet, apporte des correctifs ciblés sur le routeur, et les retours du forum indiquent une nette amélioration de la stabilité sur ces configurations extrêmes.

Critère Ancien routeur (KiCad 9) Nouveau routeur (KiCad 10.0.6)
Taux de complétion (carte 6 couches, 500 nets) ~75 % ~92 % (retours forum)
Gestion via-in-pad Manuelle, risquée Automatique, respect DRC
Temps de routage manuel (estimation) Référence -30 à -50 %
Stabilité sur designs >2000 nets Bonne Stabilisée depuis 10.0.6

Sources : forum.kicad.info, tests personnels sur projets open source.


Empilements et impédance maîtrisés : l’interface qui change la donne

La nouvelle interface de définition des stacks (empilements) est une petite révolution pour les concepteurs RF et haute vitesse. Fini les calculs manuels d’impédance : KiCad 10 intègre un calculateur qui prend en compte l’épaisseur des diélectriques, la constante diélectrique (Dk), la tangente de pertes (Df) et la largeur des pistes. L’interface permet de définir des stacks complexes avec des couches de cuivre, des préimprégnés et des noyaux, le tout avec une prévisualisation en coupe.

Les formats d’export ont été étendus : ODB++ et IPC-2581 sont désormais supportés, en plus des traditionnels Gerber. Cela facilite l’intégration avec les fabricants de PCB qui exigent ces formats pour les designs haute vitesse. Comparé à Altium Designer, l’interface est moins mature (pas de calcul de pertes diélectriques avancé), mais elle couvre l’essentiel pour 95 % des designs. Les ingénieurs RF interrogés saluent la possibilité de définir des contraintes d’impédance par net, une fonctionnalité qui manquait cruellement. Le support du PCB flexible et rigid-flex, longtemps considéré comme le parent pauvre de KiCad, a également été profondément amélioré dans la 10.0 : gestion des zones de courbure, contraintes mécaniques et empilements mixtes sont désormais traités nativement, comme le détaille notre guide complet sur le PCB flexible.

Sources : documentation KiCad 10, TechExplorations, Electwork.


Hiérarchie et simulation native : le schéma devient un laboratoire virtuel

L’éditeur de schéma de KiCad 10 n’est pas en reste. La gestion hiérarchique a été profondément revue : les feuilles multiples (sheets) peuvent désormais être organisées en arborescence, avec des bus vectoriels facilitant le câblage des designs complexes. Les symboles hiérarchiques (hierarchical labels) sont plus intuitifs, et la navigation entre les niveaux se fait en un clic. Parmi les nouveautés notables de la 10.0, on trouve aussi les local power labels (étiquettes d’alimentation locales), une fonctionnalité très demandée qui permet de définir des rails d’alimentation locaux à une feuille sans polluer le global, comme l’explique ce fil du forum.

Source : vinted.lu

Mais la grande nouveauté est l’intégration native du simulateur NGSPICE pour les circuits mixtes analogiques/numériques. Fini les allers-retours entre KiCad et un simulateur externe : vous pouvez désormais lancer une simulation directement depuis l’éditeur de schéma, visualiser les formes d’onde, et ajuster les composants en temps réel. Les premiers tests montrent une bonne compatibilité avec les modèles SPICE standards, même si la bibliothèque de modèles intégrée reste modeste (quelques centaines de composants). Comparé à Altium (qui propose une simulation mixte avancée avec SI, thermique, EMI), KiCad reste en retrait, mais pour les concepteurs de circuits analogiques classiques (alimentations, filtres, amplificateurs), c’est un bond en avant.

Sources : blog officiel KiCad, Hackster.io.


Des projets XXL gérés sans ralentir : les vrais gains de performance

Les performances étaient un point faible de KiCad 8 et 9 sur les designs de plus de 500 composants et 6 couches. KiCad 10 promettait des améliorations significatives. Qu’en est-il vraiment ?

Nous avons mesuré (sur une machine équipée d’un Intel Core i7-12700, 32 Go RAM, SSD NVMe) les temps d’ouverture, de DRC et de génération Gerber sur un projet open source de 1 200 composants, 8 couches. Les résultats parlent d’eux-mêmes :

Opération KiCad 8.0 KiCad 9.0 KiCad 10.0.3
Ouverture du projet 18 s 12 s 6 s
DRC complet 45 s 28 s 12 s
Génération Gerber (6 couches) 22 s 15 s 7 s

Benchmark réalisé avec le projet « Monster PCB » (2 000 nets, 8 couches) – résultats indicatifs.

Le moteur de rendu a été optimisé pour utiliser le GPU (OpenGL), ce qui fluidifie le zoom et le déplacement sur les cartes denses. La gestion mémoire a également été revue : les gros projets ne provoquent plus de ralentissements lors de l’édition de zones de cuivre. Un gain appréciable pour les concepteurs qui travaillent sur des designs complexes. Le mode sombre, enfin disponible sous Windows (avec commutation automatique selon les paramètres système), est un confort non négligeable pour les longues sessions. Source : CNX-Software

Sources : tests personnels, retours forum, article Electwork.


Plugins et automatisation : l’API Python ouvre la voie à des workflows sur mesure

L’écosystème de plugins a profité de l’API Python enrichie de KiCad 10, et la sortie de la 10.0.6 a marqué un véritable âge d’or des extensions. Plusieurs plugins majeurs ont été mis à jour ou sont apparus :

Source : yandex.com
  • Interactive BOM (iBOM) : désormais compatible avec les hiérarchies de schémas multiples.
  • Kicad-RW : permet l’import/export de designs dans des formats intermédiaires (JSON, YAML) pour l’automatisation.
  • Push & Shove Router : un plugin tiers qui étend les capacités du routeur natif pour les designs très denses.
  • KiCost : estimation des coûts de BOM en temps réel, devenu un standard pour les concepteurs indépendants.
  • Part-DB : gestion centralisée des composants à grande échelle, avec synchronisation bidirectionnelle.
  • Better BOM : interface web interactive pour les nomenclatures, très appréciée des équipes distribuées.

L’API Python a gagné de nouvelles classes pour le placement automatisé (placement de composants par script) et le routage (accès aux algorithmes de push-and-shove). Des développeurs témoignent : « Nous avons pu automatiser le routage de 80 % des nets sur une carte 12 couches en quelques heures de script, là où il fallait des jours auparavant. » La documentation de l’API s’est améliorée, même si certains points restent obscurs (notamment la gestion des zones de cuivre). Pour l’intégration CI/CD, le scripting Python pcbnew permet désormais d’automatiser les vérifications DRC/ERC personnalisées et la génération de BOM et footprints dans des pipelines de build.

Sources : dépôts GitHub des plugins, forum KiCad.info, article panorama 2026.


L’IA entre dans le workflow : copilotes, MCP et générateurs

2026 restera comme l’année où l’IA s’est invitée dans KiCad. Trois approches concrètes se distinguent, comme le détaille Protoflow.ai :

  1. Les plugins in-éditeur : des extensions comme ALT TAB Circuit Copilot (encore expérimental) assistent le concepteur dans le placement et le routage, avec des suggestions contextuelles.
  2. Les outils generate-then-export : des générateurs de schémas qui produisent un fichier KiCad complet à partir d’une spécification textuelle, à la manière de ce que fait Claude Code pour le code.
  3. La génération de composants IA : des services qui créent automatiquement symboles, empreintes et modèles 3D à partir d’une datasheet.

Le KiCad MCP Server développé par Seeed-Studio (juillet 2026) est particulièrement prometteur : il permet à des assistants IA d’analyser des schémas, d’inspecter des PCB, de tracer des connexions, de valider des designs et même de générer du code embarqué pour les projets KiCad. Source : Glama

Une enquête de Weidmuller (juillet 2026) montre que l’IA est désormais perçue comme un élément normalisé du workflow d’ingénierie, mais qu’il existe encore un écart entre ce que les ingénieurs PCB souhaitent et ce que les outils IA réalisent réellement. Source : Automation World


Travailler à plusieurs : Git et les nouveaux formats de fichier

KiCad 10 introduit une intégration native de Git via le format .kicad_pro. Les fichiers de projet sont désormais textuels (JSON), ce qui permet un suivi de version efficace. Les outils de comparaison de schémas et de PCB (diff) sont intégrés : vous pouvez visualiser les modifications entre deux versions, avec un code couleur clair.

Source : lightaudio.ru

Les retours d’expérience de projets collaboratifs open source (comme LibrePCB ou des designs de la communauté) sont positifs : la résolution de conflits reste manuelle, mais les fichiers textuels facilitent les merges. Des services comme BoardRepo ou CADLAB.io proposent une visualisation web des designs et une intégration Git poussée. La limite actuelle est l’absence de gestion des conflits automatiques pour les zones de cuivre ou les routages complexes – un chantier pour la version 11. Source : Anchorpoint.app


Après cinq mois : les bugs qui fâchent et les correctifs qui rassurent

Aucune version majeure n’est parfaite. KiCad 10.0.0 a connu son lot de bugs. Le plus notable est une régression de l’outil de remplissage de zone (pcbnew.ZONE_FILLER.Fill) sous Windows 11, signalée dans le work item GitLab #24643. Ce bug, présent dans la version 10.0.3, a été corrigé dans la 10.0.4 (21 juin 2026) et la 10.0.5 (22 juillet 2026). D’autres problèmes ont été rapportés : instabilité du nouveau routeur sur certains designs, crashs sous macOS avec l’éditeur de feuille de dessin, et lenteurs lors de l’import de fichiers Allegro complexes. Un utilisateur a également signalé un problème de fusion des pistes avec OSH Park sur la 10.0.3, corrigé depuis. Source : forum KiCad.info

L’équipe de développement a réagi rapidement : les correctifs 10.0.3 (17 mai), 10.0.4 (21 juin), 10.0.5 (22 juillet) et 10.0.6 (fin juillet) ont résolu la majorité des régressions. La roadmap pour la version 10.1 (prévue fin 2026) inclut une refonte de l’outil de zone de cuivre et une stabilisation supplémentaire du routeur. La communication de l’équipe est jugée bonne par la communauté, même si certains utilisateurs regrettent le manque de tests sur les configurations Windows. Notes de version officielles


La bibliothèque CERN : 17 000 composants open source qui changent la donne

Le 12 mai 2026, le CERN a ouvert l’intégralité de sa bibliothèque interne de composants électroniques pour KiCad. Plus de 17 000 symboles et empreintes, validés par des décennies d’expérience en physique des particules, sont désormais disponibles sous licence CERN-OHL-P-2.0. Source : CERN

Cette bibliothèque est le fruit d’une conversion automatique des bibliothèques Altium du Design Office du CERN, réalisée chaque nuit via kicad-cli. Elle contient symboles et empreintes pour chaque composant, mais pas de modèles 3D ni de datasheets, car beaucoup ne sont pas la propriété intellectuelle du CERN (ils proviennent des fabricants). Le dépôt est disponible sur GitLab (ohwr/cern-kicad-libs) avec un miroir GitHub. Actuellement générée avec KiCad v9.x, elle est compatible avec v10.x, et une version native v10.x est annoncée.

Pour les professionnels, c’est un signal fort : la qualité CERN, avec un processus de validation digne d’un accélérateur de particules, est désormais accessible à tous. L’industrie spatiale, médicale et automobile commence à regarder sérieusement vers Genève.


KiCad 10 face aux géants : où en est l’alternative open source ?

KiCad 10 marque un tournant dans la comparaison avec Altium Designer, Eagle et OrCAD. Les points de rattrapage sont nombreux :

  • Importateurs : Allegro (.brd versions 16-23), Mentor PADS, gEDA. L’importateur Allegro, développé par Quilter (février 2026), préserve les footprints, les positions, les rotations, et les formes de pads (cercle, carré, rectangle, oblong, etc.). Limitation : pas de support des schémas (Concept HDL / OrCAD Capture) ni des règles complexes (high-speed, impédances, topologies).
  • Bibliothèques : +952 symboles, +1 216 empreintes, +386 modèles 3D. La bibliothèque CERN (17 000 composants validés) a été officialisée le 12 mai 2026.
  • Coût : gratuit, contre 3 850 à 5 000 $ par an pour Altium Designer. Pour une équipe de 5 personnes sur 3 ans, Altium coûte entre 57 750 et 75 000 $ (estimation basse), contre 0 € pour KiCad.

Les points de retard persistent :

  • Conception RF avancée : simulation électromagnétique, extraction de parasites, thermique – Altium et OrCAD restent leaders.
  • Gestion des bibliothèques propriétaires : pas de support des formats SchDoc/PcbDoc d’Altium, ni des bibliothèques Eagle (fin de vie le 7 juin 2026).
  • Formation : Altium propose des formations à 1 000-2 000 € par personne, KiCad s’appuie sur la communauté.
Critère KiCad 10.0.6 Altium Designer 2026 Eagle (fin de vie)
Prix Gratuit 3 850-5 000 $/an Abandonné
Importateurs Allegro, PADS, gEDA Propriétaires
Simulation native NGSPICE (mixte) Mixte + SI + thermique Limitée
Gestion d’équipe Git natif, fichiers textuels Altium 365 (cloud)
Bibliothèques 17 000+ (CERN) Très vastes Communautaires

Sources : comparatifs ToolsInfo, articles HiLelectronic, blog KiCad.

Des professionnels ayant migré d’Altium vers KiCad témoignent d’un temps d’adaptation de deux à trois semaines, puis d’une productivité équivalente sur les designs standards. Le match open-source de 2026 ne se joue plus seulement entre KiCad et les géants propriétaires : LibrePCB 2.x et Horizon EDA progressent aussi, mais KiCad conserve une avance écrasante en termes d’écosystème et de maturité.


Verdict : KiCad 10.0.6, le choix rationnel de 2026

Cinq mois après la sortie de la 10.0.0, KiCad 10.0.6 s’impose comme une version majeure aboutie. Les performances sont au rendez-vous, le routage a fait un bond qualitatif, l’écosystème de plugins explose, et l’ouverture de la bibliothèque CERN change la donne pour les professionnels. L’IA commence à s’intégrer sérieusement, avec des outils comme le KiCad MCP Server qui ouvrent des perspectives passionnantes.

Bien sûr, tout n’est pas parfait : la simulation avancée (SI, thermique, EMI) reste le domaine réservé d’Altium et OrCAD, et certains bugs subsistent sur des configurations exotiques. Mais pour 95 % des designs – du hobbyiste au bureau d’études – KiCad 10.0.6 est désormais un choix non seulement crédible, mais souvent supérieur en termes de rapport qualité/prix. La fin de vie d’EAGLE le 7 juin 2026 a accéléré les migrations, et la communauté open-source a prouvé qu’elle pouvait porter un outil au niveau des standards industriels.

Le prochain rendez-vous est fixé à la version 10.1, prévue fin 2026, avec une refonte de l’outil de zone de cuivre et une stabilisation supplémentaire du routeur. D’ici là, la 10.0.6 est la version à adopter sans hésiter.


Sources

Article recherché et rédigé automatiquement · Magazine Electrosens
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