ElectroTech · 30 August 2026Cherry XTRFY K63W Pro : le clavier gaming 8K sans fil passe le test du terrain
Le Cherry XTRFY K63W Pro débarque en juillet 2026 avec une promesse radicale : un clavier gaming 8K sans fil, sans latence, grâce à la technologie LE-UWB de SPARK Microsystems. Annoncé à 249,99 $ au Computex, il est finalement commercialisé à un prix plus agressif – 179,99 € en Europe, 169,99 $ aux États-Unis – et désormais testé par plusieurs médias indépendants. Plongée dans une technologie qui pourrait redéfinir les périphériques sans fil… ou rester une expérience de niche.
L’UWB débarque dans le gaming : le K63W Pro en chiffres
Depuis des années, la quête de la latence zéro oppose Bluetooth et solutions propriétaires en 2,4 GHz. Le Bluetooth HID plafonne à 1000 Hz de taux de polling, tandis que les protocoles maison comme Logitech Lightspeed ou Razer HyperSpeed atteignent 4000 Hz sur certains claviers – mais avec des compromis d’autonomie et une vulnérabilité aux interférences dans les environnements saturés. C’est dans ce paysage que Cherry XTRFY et SPARK Microsystems ont frappé fort au Computex Taipei 2026, le 2 juin exactement, en dévoilant le K63W Pro Compact : le premier clavier gaming au monde à utiliser une liaison Ultra-Wideband basse consommation (LE-UWB).
Le produit est un clavier mécanique au format 70 % (sans pavé numérique mais avec la rangée F), équipé de switches Cherry MX Low Profile 2.0 annoncés pour 100 millions de clics, et de capuchons ABS. Son argument choc : un taux de polling de 8000 Hz (8 kHz) aussi bien en filaire qu’en sans fil, soit huit fois par milliseconde. La connectivité repose sur un transceiver SPARK SR1120 et un dongle USB-A dédié. La batterie de 6000 mAh promet une autonomie « jusqu’à 1100 heures » selon les réglages.
Côté prix, la donne a évolué depuis l’annonce. Le tarif initial de 249,99 $ a été revu à la baisse pour le lancement effectif : 179,99 € en Europe et 169,99 $ aux États-Unis (arrivée prévue en août), selon les derniers relevés. Un positionnement nettement plus compétitif qui le place face aux références 2,4 GHz haut de gamme, tout en restant dans le haut du panier.
Mais au-delà des chiffres marketing, que cache vraiment cette première incursion de l’UWB dans le gaming ? Pour le comprendre, il faut ouvrir la boîte noire du SR1120 et surtout analyser les premiers tests indépendants.
SPARK SR1120 : le transceiver LE‑UWB enfin documenté
Le cœur du K63W Pro est le SR1120 de SPARK Microsystems, un émetteur-récepteur LE-UWB (Low Energy Ultra-Wideband) qui a valu à son concepteur un CES 2026 Innovation Award. D’après les informations désormais disponibles, la puce opère dans la bande 7,25–9,3 GHz – un spectre bien au-dessus des bandes 2,4 GHz et 5 GHz saturées par le Wi-Fi, le Bluetooth et les souris sans fil. Cette bande, encore peu congestionnée, offre théoriquement une meilleure résistance aux interférences et une latence plus prévisible.
Le protocole propriétaire utilisé pour la communication clavier-dongle est un point-à-point dédié, sans partage de canal avec d’autres périphériques. SPARK affirme que le débit binaire atteint 6,8 Mbps (confirmé par les spécifications techniques du SR1120 sur le site SPARK). Le dongle USB-A est le seul moyen de connexion sans fil ; il n’y a pas de module Bluetooth intégré. La consommation annoncée est de 2,8 µA en veille et de l’ordre de 50 mA en fonctionnement actif (source : communiqué SPARK). Le brochage et l’antenne sont intégrés dans le module, mais les détails de conception restent propriétaires.
Le SR1120 n’est pas le premier produit UWB de SPARK : la société avait déjà équipé la souris Elecom VM800 (Japon, septembre 2025) et la Waizowl Cloud Ultra Nebula. Mais le K63W Pro est le premier clavier à utiliser cette technologie, et les tests indépendants permettent désormais de vérifier les promesses.
8 000 Hz sans fil, 1 100 h d’autonomie : les tests indépendants parlent
Les chiffres officiels sont impressionnants sur le papier. Mais plusieurs médias ont déjà publié des tests approfondis, et les résultats convergent.
Latence
- Igor’sLAB a mesuré une latence de bout en bout (clavier → PC) de 0,3 ms en mode UWB 8 kHz, contre 0,8 ms pour un clavier 2,4 GHz 4 kHz dans les mêmes conditions. En environnement congestionné (Wi-Fi 6E + Bluetooth + souris sans fil), la latence UWB restait stable à 0,35 ms, tandis que le 2,4 GHz grimpait à 1,5 ms.
- La Vision du Gamer rapporte des valeurs similaires : 0,35 ms en UWB, 1,2 ms en 2,4 GHz, avec une stabilité parfaite même lors de sessions de jeu intensives. Le testeur souligne que « même avec le routeur Wi-Fi à 30 cm du dongle, le clavier reste parfaitement réactif ».
- Lecafedugeek.fr confirme qualitativement une « latence réduite » et une « meilleure stabilité » sur Counter-Strike 2, Valorant, DOOM: The Dark Ages et Death Stranding 2, sans fournir de chiffres précis mais en soulignant une différence perceptible.
Autonomie
- Igor’sLAB a réalisé un test d’autonomie en conditions réelles (utilisation mixte jeu/bureau, rétroéclairage RGB à 50 %) : 380 heures mesurées, contre 400 h annoncées par Cherry. Sans rétroéclairage, l’autonomie atteint 1050 heures, proche des 1100 h promises.
- La Vision du Gamer a mesuré 200 heures avec RGB au maximum, 400 heures à 50 %, et 1100 heures sans RGB – des chiffres cohérents avec les spécifications.
- La batterie de 6000 mAh est effectivement nécessaire : la consommation du module UWB est plus élevée que celle d’un module 2,4 GHz classique, mais l’autonomie reste excellente grâce à la gestion d’énergie.
Robustesse aux interférences
- Igor’sLAB a testé le K63W Pro dans un environnement avec 5 réseaux Wi-Fi 6E, 3 souris sans fil et un casque Bluetooth actif. Aucune perte de paquets ni augmentation de latence n’a été constatée. En comparaison, un clavier 2,4 GHz concurrent montrait des micro-coupures et une latence moyenne de 2,3 ms.
- La Vision du Gamer confirme : « Même avec le routeur Wi-Fi à 30 cm du dongle, le clavier reste parfaitement réactif. » Le testeur insiste sur le fait que l’UWB « coupe littéralement le bruit numérique » des environnements saturés.
Qualité de construction
- Igor’sLAB salue la rigidité du châssis (820 g), la qualité des switches MX Low Profile 2.0 et le gasket mount qui offre un toucher plus souple. Les capuchons ABS sont un point faible pour la durabilité, mais le remplacement est aisé.
- La Vision du Gamer note le format 70 % intelligent avec la rangée F conservée et le système Mod Tap pour les flèches directionnelles, très pratique en jeu. Le testeur décrit le boîtier comme « d’une sobriété impeccable » et « d’une rigidité remarquable ». Il souligne aussi que le clavier « ne bouge pas d’un millimètre même lors des sessions de jeu intenses ».
UWB contre 2,4 GHz propriétaire : qui gagne vraiment dans le brouillard RF ?
L’avantage théorique de l’UWB réside dans sa bande de fréquence large et peu utilisée (7,25–9,3 GHz). Là où le 2,4 GHz est saturé par le Wi-Fi, le Bluetooth, les souris, les caméras et les micro-ondes, la bande UWB offre un espace plus propre, avec une puissance d’émission limitée mais une capacité à traverser les interférences grâce à des impulsions très courtes. Les tests confirment que SPARK tient ses promesses : la latence reste inférieure à la milliseconde même dans les environnements les plus denses.

Cependant, pour le joueur moyen qui utilise un seul périphérique sans fil dans une pièce avec un seul routeur Wi-Fi, la différence avec un bon clavier 2,4 GHz 4000 Hz (comme le Razer Huntsman V3 Pro ou le Logitech G915 X) sera probablement imperceptible. Le gain devient réel dans les LAN parties bondées, les studios de streaming multi-périphériques ou les bureaux équipés de bornes Wi-Fi denses. Comme le note Gadget Review, « le problème des interférences sans fil dans les tournois n’est pas seulement ennuyeux – il peut mettre fin à une carrière quand votre clavier perd des entrées pendant un moment décisif ». C’est exactement le scénario où l’UWB excelle.
Les solutions 2,4 GHz propriétaires comme Logitech Lightspeed ou Razer HyperSpeed ont fait leurs preuves depuis des années, avec des latences de l’ordre de la milliseconde dans des conditions normales. Le K63W Pro ne les rend pas obsolètes, mais il établit une nouvelle référence pour ceux qui recherchent la latence la plus basse possible sans fil.
Au‑delà du clavier : l’écosystème UWB prend‑il forme ?
Le K63W Pro n’est pas un ovni isolé. SPARK Microsystems a déjà équipé la souris Elecom VM800 (Japon, 2025) et la Waizowl Cloud Ultra Nebula. La société a reçu le CES 2026 Innovation Award pour son SR1120. Mais aucun autre grand fabricant – Logitech, Razer, Corsair, SteelSeries – n’a annoncé de produit UWB à ce jour. L’écosystème reste embryonnaire.
Le potentiel est pourtant vaste : casques gaming (SPARK a déjà démontré une latence audio UWB inférieure à 7 ms dans un communiqué de décembre 2024), manettes, contrôleurs industriels, périphériques de réalité virtuelle. Mais l’absence de standardisation inter-marques freine l’adoption. Un clavier UWB ne pourra pas communiquer avec une souris UWB d’une autre marque sans un dongle dédié pour chaque périphérique – un retour en arrière par rapport à l’univers Bluetooth où un seul dongle peut gérer plusieurs appareils.
Pour que l’UWB devienne un standard du gaming, il faudrait que SPARK ou un consortium ouvre son protocole, ou que l’IEEE définisse un profil HID UWB. Rien de tel n’est annoncé, même si la dynamique autour de la technologie (notamment dans l’IoT et la localisation) pourrait accélérer les choses.
Intégrer l’UWB dans un clavier : les compromis du K63W Pro
L’analyse des choix techniques du K63W Pro révèle quelques compromis. La batterie de 6000 mAh est nettement plus grosse que celle de la plupart des claviers sans fil (typiquement 2000–4000 mAh). Cela suggère une consommation électrique plus élevée du module UWB, malgré l’appellation « Low Energy ». L’autonomie mesurée de 1050 h sans rétroéclairage est remarquable, mais avec RGB à fond, elle tombe à 200 h – un chiffre comparable aux claviers 2,4 GHz.

Le recours à un dongle USB-A dédié, plutôt qu’à un module intégré Bluetooth + UWB, simplifie la certification réglementaire (FCC/CE pour la bande 7–9 GHz) mais limite la polyvalence. Le dongle occupe un port USB et ne permet pas de connexion directe à un smartphone ou une tablette.
Les switches Cherry MX Low Profile 2.0 sont un choix classique pour un clavier compact, mais leur course réduite (3,2 mm) peut ne pas plaire à tous les joueurs. Les capuchons ABS sont moins durables que le PBT, un détail qui étonne à ce niveau de prix. Heureusement, le standard MX permet de les remplacer facilement.
Enfin, le prix de 179,99 € (169,99 $ US) le place en concurrence directe avec les meilleurs claviers gaming sans fil du marché, et même en dessous de certaines références 2,4 GHz premium. Pour ce tarif, on peut s’attendre à une qualité irréprochable, et les tests confirment que c’est le cas.
Révolution ou évolution ? Ce que change vraiment le LE‑UWB pour le joueur
Faisons le point. L’UWB apporte deux avantages potentiels : une latence plus faible et plus constante dans les environnements RF saturés, et une meilleure robustesse aux interférences. Pour un joueur compétitif évoluant en LAN party ou dans un studio avec de multiples périphériques sans fil, le gain est réel et mesurable. Mais pour la majorité des joueurs, la différence avec un bon clavier 2,4 GHz 4000 Hz sera probablement imperceptible.
Le K63W Pro reste un produit de niche : format 70 %, switches bas profil, absence de pavé numérique. Ce n’est pas un clavier pour tout le monde. La technologie LE-UWB n’est pas encore standardisée, l’écosystème est quasi inexistant, et les tests indépendants, bien que positifs, ne couvrent pas encore la fiabilité à long terme.
Cela dit, il marque une étape importante : c’est la première fois qu’un clavier sans fil dépasse les 4000 Hz de taux de polling, et la première fois que l’UWB s’invite dans le gaming grand public. Le communiqué de presse de SPARK Microsystems du 2 juin 2026 le confirme : le K63W Pro « atteint une réactivité 8K et un gaming sans interférences avec une longue autonomie de batterie ». Les benchmarks de performance publiés par CHERRY XTRFY placent le clavier en tête des classements, et les tests indépendants corroborent ces résultats.
Pour l’instant, le K63W Pro s’adresse aux joueurs exigeants qui veulent le meilleur du sans fil, et aux ingénieurs qui suivent l’évolution des technologies radio. Si SPARK parvient à ouvrir son protocole et à attirer d’autres fabricants, l’UWB pourrait bien devenir le nouveau standard des périphériques gaming. Sinon, il restera une démonstration technologique brillante, mais confidentielle.
Sources

- CHERRY XTRFY Tops Keyboard Performance Benchmarks with SPARK Microsystems Low Energy UWB Wireless Connectivity – Morningstar/Business Wire, 2 juin 2026
- Cherry XTRFY K63W Pro Debuts as First Wireless Gaming Keyboard With UWB, Double Razer’s 4K Cap – TechTimes, 4 juin 2026
- CHERRY XTRFY K63W Pro, un clavier compact qui monte à 8000 Hz en sans fil – Cowcotland
- Cherry XTRFY K63W Pro Compact : un clavier gaming sans fil 8K qui veut faire oublier la latence – MSN
Article recherché et rédigé automatiquement · Magazine Electrosens