Kicad Master · 3 September 2026KiCad 10.0.6 : variantes, automatisation Python et écosystème en ébullition — le point sur l’EDA open-source en septembre 2026
Le 30 mars 2026, KiCad 10.0.0 voyait le jour, apportant avec lui une fonctionnalité longtemps attendue par la communauté : les variantes de conception. Fini le temps où il fallait dupliquer un projet entier pour gérer une version « avec filtre RF » et une autre « sans », ou jongler entre plusieurs fichiers de nomenclature pour des marchés différents. Mais la version 10 ne s’arrête pas là : mode sombre natif, éditeur graphique de règles DRC, importateurs Allegro/PADS/gEDA, bindings Python modernisés, croisements de fils avec saut, réglage en domaine temporel… Ce décryptage vous plonge au cœur de cette release majeure, ses possibilités concrètes, ses limites et ce qu’elle change vraiment dans le workflow des concepteurs open-source. Depuis, la série 10.x a enchaîné les correctifs : après la 10.0.5 publiée le 22 juillet 2026, la **10.0.6 est sortie en août 2026**, consolidant encore la stabilité et posant les bases d’une automatisation Python devenue centrale. Nous faisons le point.
Avant KiCad 10 : le casse-tête des multiples configurations
Avant la version 10, gérer plusieurs configurations d’un même circuit imprimé dans KiCad relevait de l’acrobatie. Le scénario typique : vous concevez une carte qui doit exister en version « standard » et « premium », avec des connecteurs différents, ou un prototype avec des points de test supplémentaires. La solution la plus courante ? Dupliquer le projet entier. Vous vous retrouviez alors avec deux dossiers, deux schémas, deux PCB, qu’il fallait maintenir en parallèle. Une source inépuisable d’erreurs : un correctif appliqué sur une version oublié sur l’autre, une nomenclature qui dérive, des fichiers Gerber qui ne correspondent plus.
Les utilisateurs avancés tentaient des astuces : utiliser des champs de texte dans les schémas pour marquer les composants « DNI » (Do Not Insert), exporter la BOM en filtrant manuellement, ou encore recourir à des scripts Python maison. Mais rien n’était natif, rien n’était intégré. La communauté réclamait depuis des années un système de variantes digne de ce nom, comme celui qu’Altium Designer propose avec son « Configuration Management » ou OrCAD avec ses « Variants ». Ces outils propriétaires permettent de définir, au sein d’un même projet, plusieurs états de la carte : composants exclus, valeurs modifiées, références alternatives, et même des variantes de placement ou de routage. KiCad, malgré sa maturité croissante, restait en retard sur ce point précis.
L’arrivée de KiCad 10 change la donne. Wayne Stambaugh, développeur principal, avait déjà présenté les nouveautés lors de son talk FOSDEM 2026, désormais disponible sur le site de FOSDEM. Et le 30 mars 2026, la version 10.0.0 officialise les « design variants » – variantes de conception – directement dans l’éditeur de schémas. Un pas de géant pour l’outil open-source. Fruit de 7 609 commits et de 2 105 pull requests traitées, cette version a mobilisé des centaines de contributeurs pendant une année complète de développement, comme le rapporte raspberryme.com.
Le moteur des variantes : comment ça marche concrètement ?
L’accès aux variantes se fait depuis le gestionnaire de projet. Un nouveau panneau latéral, baptisé « Design Variants », permet de créer, nommer et basculer entre différentes configurations. L’interface est sobre mais efficace : une liste de variantes, avec une variante « par défaut » (sans modification) et la possibilité d’en ajouter d’autres.

Créer une variante est immédiat : un clic droit, « Nouvelle variante », et vous lui donnez un nom explicite – « Prototype », « Production UE », « Version sans filtre ». Une fois la variante sélectionnée comme « active », l’éditeur de schémas se met à jour en temps réel. Les composants que vous allez modifier pour cette variante apparaissent avec un indicateur visuel (une pastille colorée ou un symbole) pour signaler qu’ils divergent de la variante par défaut.
Le principe est simple : chaque variante est un « calque » de modifications appliqué au schéma de base. Vous ne dupliquez pas le schéma, vous définissez des exceptions. Cela garantit que le cœur du design reste unique, et que toute modification structurelle (ajout d’une résistance, modification d’une connexion) se répercute sur toutes les variantes, sauf si vous décidez explicitement de la surcharger.
Cette approche est bien plus propre que la duplication. Elle rappelle le fonctionnement des « configurations » dans les outils CAO mécaniques, où un même assemblage peut exister en plusieurs états. C’est aussi l’une des fonctionnalités que la documentation officielle de KiCad 10 détaille longuement, preuve de son importance dans la feuille de route.
Composants sous contrôle : exclusions, substitutions et valeurs
Le cœur des variantes réside dans les opérations que vous pouvez appliquer à chaque composant. Trois actions principales sont disponibles :
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Exclusion (DNI) : vous marquez un composant comme « Do Not Insert » pour une variante donnée. Par exemple, sur la version « prototype », vous pouvez ajouter une résistance de pull-up qui ne sera pas montée en production. Le symbole reste présent sur le schéma, mais il est barré ou grisé, et il ne sera pas inclus dans la nomenclature de cette variante.
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Substitution de référence : vous remplacez un composant par un autre. Typiquement, un connecteur d’alimentation pour le marché américain (NEMA) par un connecteur européen (IEC). La substitution peut concerner la référence constructeur, la valeur, ou même l’empreinte.
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Modification de valeur : vous changez simplement la valeur d’un composant sans changer sa référence. Par exemple, une résistance de 10 kΩ en version standard devient 4,7 kΩ en version « haute performance ».
Ces modifications sont stockées dans le fichier projet (.kicad_pro) et sont visibles dans l’éditeur de schémas. Lorsque vous générez une nomenclature (BOM), KiCad propose désormais un filtre par variante. Vous pouvez exporter une BOM pour chaque configuration, ou une BOM consolidée avec une colonne indiquant la présence du composant dans chaque variante. C’est un gain de temps considérable pour les achats et l’assemblage.
À noter que les variantes ne sont pas la seule nouveauté côté schéma : KiCad 10 introduit également l’affichage des croisements de fils avec saut (hop-over), qui remplace les simples points de croisement par des arcs élégants, la prise en charge des cavaliers (jumpers) et des connexions de broches internes invisibles sur le PCB, ainsi que le regroupement d’objets désormais disponible dans l’éditeur de schémas pour les projets complexes. L’import/export CSV des tableaux de broches de l’éditeur de symboles complète ce tableau, comme le détaille Elektor Magazine.
Du schéma au PCB : comment les variantes influencent le routage et le placement
Une question cruciale : que se passe-t-il dans l’éditeur de PCB lorsque vous changez de variante ? La réponse est nuancée. KiCad 10 gère les composants exclus (DNI) en les marquant comme « non placés » dans le PCB. Leurs empreintes disparaissent du layout, mais le routage associé est conservé – ou plutôt, les pistes qui aboutissaient à ces composants sont laissées en l’état, mais elles deviennent « flottantes ». C’est un comportement pragmatique : vous ne perdez pas le travail de routage, mais vous devez vérifier manuellement qu’aucune piste ne reste en l’air.

En revanche, pour les substitutions de composants (connecteur différent, boîtier différent), le changement d’empreinte est automatique. Si l’empreinte de remplacement a le même nombre de broches et le même pas, le routage existant est conservé. Si l’empreinte diffère (par exemple, un connecteur à 2 broches remplacé par un à 3 broches), KiCad vous avertit et vous devez ajuster le routage.
Quant à la modification du placement ou du routage spécifique à une variante, les sources disponibles indiquent que cela n’est pas encore supporté nativement. Les variantes dans KiCad 10 sont avant tout un outil de gestion de la nomenclature et des composants, pas un outil de variation géométrique du PCB. Pour des variantes de placement (par exemple, décaler un connecteur de 2 mm pour une version différente), il faut toujours dupliquer le PCB. C’est une limitation importante par rapport à Altium, qui permet de définir des « configurations de PCB » avec des positions et des routes différentes. Notre comparatif « KiCad 10 vs Altium Designer 2026 » explore ces différences en détail.
Cependant, KiCad 10 introduit également un éditeur de règles DRC graphique, qui permet de définir des contraintes de conception (espacements, largeurs de piste) de manière visuelle. Ces règles s’appliquent à l’ensemble du projet, indépendamment des variantes. Il n’est pas possible d’avoir des règles DRC différentes selon la variante – un autre point à surveiller. L’éditeur graphique s’accompagne d’actions de correction suggérées pour les erreurs DRC, ce qui accélère considérablement le débogage. Selon CNX-Software, ce nouvel éditeur remplace avantageusement les fichiers de règles textuels obscurs des versions précédentes.
Cas d’usage concrets : prototypes, versions régionales, options de production
Pour bien comprendre l’intérêt des variantes, rien de tel que des exemples concrets.
Carte avec/sans filtre RF : vous concevez un récepteur radio. La version de base inclut un filtre SAW. Pour une version économique, vous souhaitez omettre ce filtre et le remplacer par un simple pont de résistance. Avec les variantes, vous créez deux configurations : « Premium » (filtre présent) et « Éco » (filtre DNI, pont ajouté). La BOM s’adapte automatiquement.
Connecteurs d’alimentation pour marchés US/UE : votre carte d’alimentation doit accepter une fiche IEC C14 (Europe) ou NEMA 5-15 (États-Unis). Les connecteurs ont des empreintes différentes. Vous créez une variante « UE » avec le connecteur IEC, et une variante « US » avec le connecteur NEMA. Le reste du circuit est identique. Plus besoin de deux projets séparés.
Prototype avec points de test : lors du développement, vous ajoutez des points de test sur des signaux critiques. En production, ces points ne sont pas nécessaires. Vous créez une variante « Prototype » où les points de test sont présents, et une variante « Production » où ils sont exclus. Le PCB reste unique, vous n’avez qu’à générer les fichiers Gerber pour la variante souhaitée.
Options de boîtier : une carte peut être livrée avec ou sans dissipateur thermique. Le dissipateur est un composant traversant qui nécessite un trou et un espace libre. En variante « Avec dissipateur », le composant est présent ; en variante « Sans », il est DNI. Les trous sont conservés (ils font partie du PCB), mais le composant n’est pas monté.
Ces exemples montrent comment les variantes évitent la duplication de projets et réduisent les risques d’incohérence. Un seul fichier schématique, un seul fichier PCB, mais plusieurs « visages » possibles. La revue de Tech Explorations confirme que cette fonctionnalité est particulièrement appréciée des concepteurs travaillant sur des produits multi-marchés.
Au-delà des variantes : mode sombre, DRC graphique et importateurs
Les variantes ne sont que la partie émergée de l’iceberg. La version 10.0.0, fruit de 7 609 commits, regorge d’améliorations qui transforment l’expérience quotidienne.

Mode sombre natif et interface modernisée
KiCad suit désormais le thème sombre/clair du système sur Windows, une demande récurrente. Les barres d’outils sont personnalisables, la sélection par lasso est disponible dans les éditeurs de schémas et de PCB, et les boîtes de dialogue permettent d’annuler ou de rétablir les modifications avant de les fermer. Ces améliorations ergonomiques, détaillées par Elektor Magazine, rendent l’outil plus agréable au quotidien, surtout pour les longues sessions de travail.
Éditeur de règles DRC graphique
Fini les fichiers de règles textuels obscurs : l’éditeur graphique permet de définir visuellement les contraintes d’espacement, de largeur de piste, etc. Il s’accompagne d’actions de correction suggérées pour les erreurs DRC, ce qui accélère considérablement le débogage. Selon CNX-Software, ce nouvel éditeur remplace avantageusement les fichiers de règles textuels des versions précédentes.
Importateurs natifs Allegro, PADS et gEDA
Pendant des années, migrer un projet d’Altium Designer, d’Allegro ou de PADS vers KiCad relevait du parcours du combattant : plugins tiers plus ou moins maintenus, formats binaires fermés, pertes de données en cascade. KiCad 10 change la donne avec des importateurs natifs pour Allegro, PADS et gEDA/Lepton PCB. Ces importateurs couvrent à la fois les schémas et les PCB, avec un niveau de fidélité variable selon le format. L’importateur Allegro est particulièrement abouti, gérant les contraintes, les zones et les textes. L’importateur PADS promet une migration complète schéma + PCB. gEDA/Lepton, plus discret, reste utile pour la communauté open-source. Comme le souligne notre article « KiCad 10 en septembre 2026 : importateurs natifs, stabilisation 10.0.6 et écosystème en ébullition », ces importateurs sont un argument majeur pour les bureaux d’études qui envisagent de quitter les outils propriétaires.
L’automatisation Python : le nouveau cœur du workflow
Avec la série 10.0, et particulièrement la 10.0.6, l’automatisation Python n’est plus un gadget de développeur : c’est un outil de production. Les bindings Python ont été modernisés en profondeur, remplaçant l’ancienne architecture SWIG par une nouvelle interface plus propre et plus performante. Le projet kicad-python (officiellement maintenu par l’équipe KiCad) fournit des bindings vers l’API IPC, permettant de manipuler projets, schémas et PCB depuis des scripts Python.
Concrètement, vous pouvez charger un board, inspecter ses composants, modifier des valeurs, vérifier des règles personnalisées, et même générer des rapports — le tout en quelques lignes de code. Cette automatisation s’intègre parfaitement dans des chaînes d’intégration continue (CI) : des scripts pcbnew peuvent exécuter des vérifications DRC/ERC personnalisées, générer des BOM et des fichiers de fabrication automatiquement, comme l’explique Electronics Design AU dans son guide sur l’API pcbnew pour la CI.
Les cas d’usage sont nombreux :
- DRC personnalisés : vérifier des règles métier spécifiques (par exemple, la distance minimale entre un composant haute tension et un bord de carte).
- Placement automatique : positionner des composants selon des algorithmes personnalisés.
- Nettoyage de pistes : supprimer les segments redondants, optimiser les angles.
- Génération de rapports : extraire des statistiques sur le nombre de trous, la longueur totale de cuivre, etc.
Les benchmarks montrent des gains de temps considérables : ce qui prenait des heures à la souris se fait en quelques secondes avec un script bien écrit. L’écosystème s’emballe : des outils comme Anchorpoint (voir le guide « Git with KiCad ») exploitent les fichiers texte de KiCad pour un versioning efficace, et des plugins d’autoroutage GPU commencent à émerger.
L’IA dans KiCad : copilotes, plugins et générateurs
En cette rentrée 2026, l’intelligence artificielle s’impose dans la conception de circuits imprimés, et KiCad n’est plus un simple spectateur. Plusieurs approches concrètes fonctionnent déjà :
- Plugins in-éditeur : des extensions comme ALT TAB Circuit Copilot (encore expérimental) proposent des suggestions de placement ou de routage directement dans l’éditeur.
- Générateurs « generate-then-export » : des outils externes génèrent un schéma ou un PCB complet à partir d’une description textuelle, puis l’exportent au format KiCad.
- Génération de composants : des modèles d’IA créent automatiquement des symboles et des empreintes à partir d’une fiche technique PDF.
Le KiCad MCP Server de Seeed-Studio permet aux assistants IA d’analyser des schémas, d’inspecter des PCB, de tracer des connexions, de valider des designs et même de générer du code embarqué pour les projets KiCad. C’est une passerelle intéressante pour intégrer KiCad dans des workflows d’IA agentique.
Une enquête de Weidmuller (juillet 2026) révèle que l’IA est désormais perçue comme un élément normalisé du workflow d’ingénierie, mais qu’il existe encore un écart entre ce que les ingénieurs PCB souhaitent et ce que les outils IA réalisent réellement. Les plugins actuels excellent dans les tâches répétitives (placement de découplage, vérification de règles), mais peinent sur les décisions de conception complexes.
Notre article « KiCad 10.0.6 et l’IA en 2026 : le grand bond de l’EDA open-source » explore ces pistes en détail, notamment la comparaison avec les outils propriétaires comme Altium, Flux et Fusion 360.
L’autoroutage GPU : OrthoRoute et compagnie
Depuis des décennies, l’autoroutage de PCB reste le parent pauvre de la CAO électronique : lent, rigide, cantonné aux designs simples. Mais en 2026, un plugin KiCad nommé OrthoRoute vient bousculer ce dogme en exploitant la puissance du GPU. Son algorithme PathFinder, initialement conçu pour les FPGA, dompte les PCB les plus complexes. Le plugin a été testé sur un backplane de 17 600 pads, 16 connecteurs de 1 100 broches chacun et 8 192 airwires — un design qui stoppait les routeurs traditionnels. OrthoRoute l’a routé en un temps record grâce à la parallélisation CUDA.
Les benchmarks disponibles montrent des gains spectaculaires : ce qui prenait des heures, voire des jours, se fait désormais en quelques minutes. Pour un design typique, le temps de routage passe de 3 heures à moins de 10 minutes. D’autres outils comme PCB Auto Router (GPU-accelerated) supportent également KiCad et JLC EDA, avec routage de paires différentielles et correspondance de longueurs.
Cependant, les angles morts existent : les routeurs GPU peinent sur les designs mixtes (analogique + numérique), les règles DFM complexes, et les contraintes de fabrication spécifiques. L’article « OrthoRoute : l’autoroutage GPU pour KiCad entre promesses et réalité des benchmarks » analyse ces limites en profondeur.
Écosystème : bibliothèques, plugins et communauté
L’écosystème KiCad n’a jamais été aussi actif. La bibliothèque du CERN compte désormais plus de 17 000 composants, un trésor pour les concepteurs. Des plugins spécialisés comme TransmissionLine (pour le calcul de lignes de transmission) enrichissent l’outil. Le référentiel awesome-kicad liste plus de 20 outils et ressources utiles.
La communauté est en effervescence : le forum officiel discute des nouvelles fonctionnalités comme les local power labels (étiquettes d’alimentation locales) introduites dans KiCad 10, qui permettent de définir des rails d’alimentation locaux à un sous-circuit. Des questions pratiques sur l’utilisation des variantes, l’intégration Git, ou les pièges de fabrication (comme le problème OSH Park signalé en juillet 2026) animent les discussions.
KiCad est également disponible dans le navigateur (via des solutions comme KiCad Web), et des distributions spécialisées comme la KiCad 华秋发行版 10.0.2 (édition chinoise) montrent l’adoption mondiale.
La 10.0.6 : stabilisation et correctifs critiques
La version 10.0.6, publiée en août 2026, est un correctif majeur qui contient plusieurs corrections de bugs critiques. Le blog officiel recommande une mise à jour dès que possible. Parmi les correctifs notables :
- Correction du readout de grille dans la barre d’état pour l’assistant d’empreintes et les visualiseurs.
- Application correcte des transferts de groupe par instance pour les feuilles partagées lors de la synchronisation schéma-PCB.
- Affichage d’une nouvelle bibliothèque projet sans redémarrage.
- Correction du dessin des styles de ligne sur les courbes de Bézier.
- Réduction du bégaiement lors du rafraîchissement du canvas.
- Correction des motifs hachurés lors du tracé sans motif de remplissage.
Ces correctifs, issus de la branche 10.0 avec des cherry-picks depuis la branche de développement, renforcent la stabilité de l’ensemble. La feuille de route officielle reste muette sur la version 11, mais les signaux faibles du forum indiquent que les utilisateurs demandent des améliorations sur la gestion des variantes de placement, des règles DRC par variante, et une meilleure intégration de l’IA.
Conclusion : KiCad, laboratoire de l’EDA augmentée
Six mois après la sortie de la 10.0, KiCad s’est imposé comme une alternative crédible aux outils propriétaires. Les variantes de conception répondent à un besoin réel, l’automatisation Python ouvre la voie à des workflows CI sophistiqués, et l’écosystème (IA, autoroutage GPU, importateurs) ne cesse de s’enrichir. Avec la 10.0.6, la stabilité est au rendez-vous.
Reste des limitations : pas de variantes de placement/routage, pas de règles DRC par variante, et une feuille de route officielle encore floue. Mais la dynamique est là. Alors qu’Altium Designer coûte entre 3 850 et 5 000 USD par utilisateur et par an (soit plus de 175 000 USD sur 3 ans pour 5 utilisateurs, formation incluse), KiCad reste gratuit et open-source. La fin de vie d’Autodesk EAGLE le 7 juin 2026 a poussé de nombreux utilisateurs vers KiCad, et les importateurs natifs facilitent la transition.
KiCad n’est plus un outil de hobbyistes : c’est un EDA professionnel, en constante évolution, porté par une communauté mondiale. Le futur s’annonce passionnant.
Sources
- KiCad 10.0.6 Release — Blog officiel KiCad
- KiCad 10 : mode sombre, nouvelles variantes et plus encore — Elektor Magazine
- KiCad — Wikipédia
- KiCad API Python Bindings — Documentation officielle
- KiCad Python Scripting: pcbnew API for CI Automation — Electronics Design AU
- KiCad MCP Server by Seeed-Studio — Glama
- GPU-Accelerated Autorouter Handles Monstrous PCB Designs — Hackaday
- PCB Auto Router — Site officiel
- KiCad Autorouting Made Easy — Rottenwifi
- Weidmuller PCB Design Survey Reveals AI Tool Impacts — Automation World
- La Bibliothèque KiCad de 17 000 Composants du CERN
- CAO : KICAD Plugin TransmissionLine — Wiki CNRS
- Git with KiCad — Anchorpoint
- Altium Designer vs KiCad Comparison (2026) — ToolsInfo
- KiCad 华秋发行版 10.0.2 — KiCad华秋
Article recherché et rédigé automatiquement · Magazine Electrosens